Le 18 novembre 1929 est un lundi comme les autres, calme et froid. Le soir, vers 17 h, la terre se met à trembler. L’épicentre du séisme se trouve en pleine mer, au fond de l’océan Atlantique, par 44° 69’ de latitude nord et 56° de longitude ouest, le long d’une faille située à environ 250 kilomètres au sud de l’île de Terre-Neuve.

Une heure et demi plus tard, un raz-de-marée frappe les côtes. Les eaux envahissent la péninsule de Burin dans le sud de l’île de Terre-Neuve (qui ne faisait pas encore partie du Canada). La secousse est évaluée à 7,2 sur l’échelle de Richter.

La vague prend les habitants par surprise car on n’a pas l’habitude d’un tel raz-de-marée dans cette région. La plupart de ces phénomènes se produisent plutôt dans l’océan Pacifique (le mot «tsunami» vient d’ailleurs de la langue japonaise et signifie «eau dans le port»).

Les résidents de St. John’s, ville qui se trouve à 400 kilomètres de l’épicentre, pensent qu’un accident s’est produit dans les puits des mines de Bell Island, situées en face de la ville, dans la baie de la Conception.

Vers 19 h 30, une énorme vague déferle sur les rives de la péninsule de Burin. Elle se déplace à 129 km/h depuis la zone de l’épicentre.

Plus de 40 villages qui se dressaient sur les côtes de Terre-Neuve sont dévastés.

Le 22 novembre 1929, un éditorial du Daily News de St. John’s fait le bilan de la catastrophe:

«Sans avertissement, les résidents entendent un grondement d’eau. Plus fort que celui des vagues ordinaires, le bruit est assourdissant. Soudain, avec une violence incroyable, un mur d’eau de quinze pieds envahit les petites maisons, entrant par les portes et les fenêtres…»

La vague meurtrière détruit des bateaux, des bâtiments et des usines où travaillaient la moitié des salariés de la région.

Les communications avec le reste du monde sont coupées. À l’époque, la radio n’était pas encore installée sur la péninsule et il y avait peu de routes entre le littoral et le centre de l’île. On apprend donc la tragédie trois jours après la catastrophe, le jeudi, quand le Portia jette l’ancre dans le port de Burin lors d’un voyage régulier.

Le commandant envoie un SOS à St. John’s et le SS Meigle se rend sur place avec des médecins, des infirmières et des vivres.

On estime que les dommages s’élèvent à plus d’un million de dollars (en chiffres de 1929).

Les victimes de la catastrophe obtiennent une compensation financière pour la réparation de leurs maisons et de leurs bateaux. Mais les affaires personnelles, les denrées alimentaires et les réserves qu’elles avaient mises de côté pour se chauffer pendant l’hiver sont perdues.

Au moins 28 personnes sont mortes lors du raz-de-marée.

Ce même tsunami s’est également manifesté sur les côtes du Cap Breton, en Nouvelle-Écosse, causant la mort par noyade d’une personne.

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