Texte publié dans la Presse, le 30 octobre 1999.

Après une bataille de quinze ans et deux défaites en cour, Ottawa tourne finalement la page de l’équité salariale et accepte de verser entre 3,3 et 3,6 milliards à ses employés.

“C’est enfin le temps de célébrer, c’est une victoire pour tous les travailleurs canadiens”, a lancé Daryl Bean, président de l’Alliance de la fonction publique.

Les milliards de l’équité salariale, a expliqué une représentante du gouvernement Chrétien, seront puisés dans les provisions du gouvernement et personne n’en sentira les contrecoups.

Arrivé au bout de ses ressources juridiques, le gouvernement a donc décidé de ne pas en appeler de la décision de la cour fédérale, qui a confirmé, il y a une dizaine de jours, un premier jugement historique du Tribunal des droits de la personne en faveur des fonctionnaires.

Quelque 230 mille employés de l’état, pour la grande majorité des femmes, recevront dans les prochains mois un ajustement salarial rétroactif estimé à 30 mille dollars en moyenne. L’entente conclue doit encore être approuvée par le Tribunal des droits de la personne, une formalité, jugent les deux parties.

Pour les syndiqués, la victoire de l’Alliance de la fonction publique est celle de tous les travailleurs qui se battent pour la reconnaissance de l’équité salariale.

“La vitesse à laquelle l’accord a été conclu est une leçon pour tous ceux qui attendent un règlement, a affirmé Nycole Turmel, vice-président de l’Alliance. Nous espérons que notre victoire fera comprendre à tous les employeurs que l’équité salariale, c’est la loi.”

Après BELL, d’autres grands employeurs, tels Air Canada et Canadien [National], se retrouveront dans la mire des syndicats.

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Remarque : Les crochets carrés signalent un ajout au texte d’origine.