Le passage maritime du Nord-Ouest longe les côtes du nord du Canada et relie l’Atlantique au Pacifique. Plusieurs îles arctiques se trouvent le long du trajet, et elles ne sont parfois séparées les unes des autres, ou du continent, que par des chenaux.

Aujourd’hui, le passage du Nord-Ouest n’est praticable que du mois d’août jusqu’à fin septembre, soit pendant environ 2 mois. Le reste de l’année, les eaux sont prises par les glaces et de nombreuses tempêtes rendent cette partie du globe trop dangereuse pour assurer une navigation régulière.

Cependant, les conditions climatiques changent. En raison du réchauffement global, on s’attend à ce que le passage soit utilisable toute l’année d’ici 5 ou 10 ans. Depuis 2007, certains bateaux peuvent d’ailleurs emprunter cette nouvelle voie même en hiver.

En conséquence, le passage du Nord-Ouest attire désormais l’attention de plusieurs pays. En effet, les avantages sont évidents: le trajet entre New York et Tokyo en passant par le canal de Panama est de 18 200 kilomètres, alors qu’en empruntant le passage du Nord-Ouest, la distance n’est plus que de 14 000 kilomètres.

De même, par rapport au trajet habituel qui passe par le canal de Suez, cette route raccourcit de 4 000 km le parcours entre l’Europe et l’Extrême-Orient. Entre Rotterdam et Tokyo, par exemple, on doit parcourir 23 300 km en passant par le canal de Panama, 21 100 km par le canal de Suez, et seulement 15 900 km par le passage du Nord-Ouest.

Les économies réalisées (combustible, salaires, délais, etc.) seront donc considérables, à condition que l’on puisse utiliser cette voie tout au long de l’année, et en toute sécurité.

Le Canada considère le passage du Nord-Ouest comme une route intérieure car le trajet passe par les eaux territoriales canadiennes et serpente entre diverses îles du Canada. Mais certains pays, dont les États-Unis et la Russie, ne partagent pas cet avis.

Les États-Unis déclarent que le passage du Nord-Ouest fait partie des routes internationales ouvertes. La Russie, pour sa part, estime qu’un certain nombre de ces îles arctiques lui appartiennent. En 2006, la Russie a d’ailleurs immergé son drapeau dans ces eaux afin de marquer symboliquement sa présence dans la région.

Toutefois, le débat au sujet des revendications canadiennes dans le Nord et sur le passage du Nord-Ouest est très ancien, et le Canada est bien déterminé à défendre ses positions.

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