Après la construction de la première voie ferrée du Canadian Northern Railway (CNR), d’autres lignes surgissent dans l’Ouest canadien. Les chemins de fer assurent la communication entre un grand nombre de jeunes communautés, telles que Regina, Saskatoon, Prince Albert,  Edmonton et bien d’autres. Naturellement, l’Est du Canada est désormais relié à ces régions. Notons aussi que le terminus de l’Est se trouve à Montréal, mais des lignes secondaires partent vers le reste du Québec et vers les Maritimes.
 
Cependant cette ligne ne comble pas tous les besoins d’une économie en pleine  croissance. Pour construire un nouveau chemin de fer, des investisseurs privés, les provinces et l’état canadien rassemblent plus d’un quart de milliard de dollars de l’époque, en grande partie sous forme d’obligations garanties des gouvernements fédéral et provinciaux.

Le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, réussit à attirer dans l’entreprise la compagnie du Grand Trunk qui refusait jusqu’alors de prendre part à l’expansion des chemins de fer vers l’ouest.

La construction du Chemin de fer National Transcontinental (CFNT) débute en 1905. Le premier tronçon est orienté vers l’ouest à partir de Winnipeg. Le tracé traverse également de vastes étendues désertes du nord du Québec et de l’Ontario dans l’espoir d’y favoriser le développement. La ligne est achevée en 1913. À la même époque, de 1906 jusqu’en 1914, le Grand Trunk construit une ligne secondaire qui traverse la spectaculaire vallée de la Rivière Skeena et qui va jusqu’à Prince Rupert, en Colombie-Britannique.

Cependant des rumeurs de favoritisme dans la construction du CFNT se font entendre. Une crise s’ensuit. La Première Guerre mondiale assène le coup de grâce au développement des chemins de fer en mettant fin à l’immigration et en tarissant les sources de financement. En 1916, une commission d’enquête est désignée par le Parlement canadien. La commission est dirigée par sir Henry Drayton et par le financier britannique W.M. Acworth. En mai 1917, la commission recommande la nationalisation immédiate de tous les chemins de fer du Canada, à l’exception des lignes américaines et de quelques autres lignes secondaires. C’est la naissance du Chemin de fer Canadien National, que nous connaissons sous les initiales CN.