De Vancou-verre…

La ville de Vancouver est souvent appellée la Cité de Verre. C’est le titre du livre que lui a consacré Douglas Coupland: City of Glass. Et en effet, les nombreux édifices de verre présents dans la ville semblent justifier ce surnom.

Bien que la région était occupée par des Amérindiens 3000 ans avant l’arrivée des explorateurs européens, la ville a une histoire assez récente, ce qui explique son architecture moderne.

En 1886, après qu’un grand incendie ait ravagé Vancouver, on la reconstruit en pierre et en briques.

Elle devient vers 1920 la troisième ville en importance du Canada. Aujourd’hui, Vancouver est la plus grande ville de la Colombie-Britannique et elle rassemble plus de deux millions d’habitants. Vancouver étant judicieusement située au bord du Pacifique, son port est le plus fréquenté du Canada.

Verrière du Pacific Centre
Verrière du Pacific Centre

Son développement est dû à plusieurs facteurs. En 1931, la population de Vancouver atteint 250000 habitants. C’est l’époque de la Grande Dépression et les temps sont durs. Lors de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), la construction de bateaux et une demande accrue dans d’autres secteurs stratégiques permet de stimuler l’économie.

En conséquence, après la guerre, la ville de Vancouver va connaître un boom immobilier. Le style Art Déco laisse alors la place à une architecture qualifiée de “Moderne” (1945-1980). On parle aussi parfois de style international, depuis qu’Henry Russell Hitchcock et Philip Johnson ont publié en 1932 The international style: Architecture since 1922, catalogue d’une exposition au Museum of Modern Art de New York.

Reflet du Vancouver Lookout
Reflets du Harbour Centre

Le mouvement moderne est apparu en Allemagne dans la première moitié du XXe avec le Bauhaus, caractérisé par un retour au décor minimal et à des lignes géométriques et fonctionnelles. C’est dans les années 1920 que d’importantes figures de l’architecture établissent leur réputation: Le Corbusier, Ludwig Mies van der Rohe et Walter Gropius. Avec la deuxième guerre mondiale, les membres du Bauhaus se réfugient aux États-Unis, jetant les bases du style moderne en Amérique du Nord.

Au milieu des années 1950, l’architecture canadienne innove avec divers projets suburbains (Don Mills, en Ontario, et Wildwood Park, à Winnipeg) et de nouvelles villes, comme Kitimat, en Colombie-Britannique. Les commandes d’édifices publics et la prospérité économique canadienne se traduit par un flot incessant de nouvelles réalisations.

Building dans le centre-ville   Building sur Waterfront    Building sur Beach Avenue

Buidings de verre du Waterfront

Vancouver est à l’origine de ce courant moderne. La bibliothèque municipale de Vancouver (Semmens et Simpson, 1956-1957) et l’édifice du BC Hydro Building, par Thomson, Berwick & Pratt (1955-1957) en témoignent.

Par la suite, Arthur Erickson construit entre 1972 et 1979 le complexe Robson Square, laissant une grande place au verre, à l’eau et la végétation. Il réalisera de nombreux autres projets, comme le Evergreen Building (1978), situé au 1285 Pender Street.

 

Bibliothèque publique
Bibliothèque publique

Ouverte en mai 1995, la nouvelle bibliothèque de Vancouver forme l’un des trois éléments d’un complexe architectural conçu par Moshe Safdie. Le bâtiment rectangulaire de sept étages qui l’abrite est entouré d’un immeuble circulaire et surmonté d’une verrière.

 

Habitants de la Cité de verre
Derrière les murs transparents de la bibliothèque

 

Plus récemment encore, la ville s’est enrichie de deux autres édifices de verre: le One Wall Centre et le Living Shangri-La. Le premier, conçu par Busby + Associates Architects entre 1998 et 2001, est une tour de verre à la forme elliptique, tandis que le Living Shangri-La, édifié entre 2005 et 2009 par James KM Cheng Architects, offre une forme plus traditionnelle. C’est actuellement le plus haut gratte-ciel de la ville.

Photographie : Copyright © PlanèteCastor

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