Tuktoyaktuk (ou Tuktoyuktuk), est une ville de la nation Inuvialuktun située dans les Territoires du Nord-Ouest. La ville se trouve au nord du cercle arctique, sur le littoral de l’océan Arctique, à l’embouchure de la rivière Mac Kenzie, à 137 kilomètres au nord d’Inuvik. Tuktoyaktuk est la ville continentale la plus septentrionnale du Canada. On l’appelle familièrement Tuk. Elle regroupe environ 900 résidents.

Auparavant, Tuktoyaktuk s’appelait Port Brabant, mais elle a changé de nom en 1950.

En langue Inuvialuktun, le nom de la ville signifie “qui ressemble à un caribou”. Selon une légende, un troupeau de caribous a été changé en pierre pour avoir manqué de respect à une femme shaman.

Cette région a servi de lieu de rassemblement pour les peuples inuit pendant des siècles. On y chassait le caribou et le béluga, mais l’attrait principal était Tuktoyaktuk, où l’on pouvait se reposer ou faire des réparations sur les embarcations.

Le premier bâtiment permanent y a été construit en 1937. Il s’agit d’un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson, qui fut d’ailleurs l’un des derniers postes établis par la CBH. Vers 1950, une station radar y est construite par le ministère de la Défense du Canada afin de détecter de possibles incursions soviétiques.

Tuktoyaktuk est accessible par terre en hiver, quand la Mac Kenzie est gelée. Cette route de glace s’étend sur 170 kilomètres et relie la ville au monde extérieur jusqu’au début du dégel, vers la fin du mois d’avril. Sinon, la route la plus proche, la route de Dempster, s’arrête à Inuvik, à plus de 130 kilomètres au sud, et il faut ensuite poursuivre son voyage en avion.

Aujourd’hui, Tuktoyaktuk occupe une place importante dans l’exploration du pétrole et du gaz naturel de la mer de Beaufort par la Northern Transportation Company Limited. Ces gisements ont été découverts au début des années 1970. Les résidents de la ville sont pour la plupart des chasseurs d’oies, des pêcheurs et des trappeurs. L’élevage du caribou est également une source importante de revenus pour les familles locales. Le tourisme occupe une place grandissante dans l’économie de la ville.

Comme Tuktoyaktuk a été construite sur un sol composé de sable, de gravier et de glace, chaque année elle descend de 3 à 4 millimètres par rapport au niveau de la mer. Aussi, elle risque d’être submergée par les eaux dans une période de 30 à 50 ans (sans parler du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers). En 1994, le gouvernement canadien a recommandé aux résidents de quitter la ville, mais les habitants ont décidé d’ériger des digues de pierres le long des côtes pour tenter d’arrêter les flots.

Tuktoyaktuk est aussi la porte d’entrée pour le site national Pingo (Pingo National Landmark), une aire protégée où se trouvent environ 1350 pingos, soit des collines de glace qui, avec leur hauteur de près de 50 mètres, sont les plus hautes au Canada et les secondes au monde.

Dans l’histoire récente de Tuktoyaktuk, on remarque la tenue d’un grand concert rock qui rassemblait certains des groupes les plus populaires du Canada et des États-Unis (Hole, Metallica, Moist et Veruca Salt, entre autres). Cet événement fut organisé par la brasserie Molson le 3 septembre 1995. L’annonce pour le concert a été diffusée sur toutes les radios de l’Amérique du Nord pendant des mois. Le monde a ainsi appris l’existence de cette petite ville du Grand Nord canadien. Le réalisateur canadien Albert Nerenberg a tourné un documentaire sur le concert intitulé Invasion of the Beer People.