D’hier…

Sur la côte sud de Terre-Neuve, Grand Bruit était un pittoresque village de pêcheurs uniquement accessible par bateau ou par hélicoptère. Pour s’y rendre, on peut utiliser un service de traversier (ou de ferry) qui part de la ville de Rose Blanche pour un trajet de 2h 15 environ, ou avec un bateau privé, on peut faire le trajet en une heure.

La communauté se trouve sur la côte, elle dispose d’un port entouré de collines et d’une chute d’eau qui sépare le village en deux.

Le nom de “Grand Bruit” provient sans aucun doute du bruit de la chute qui s’entend à une grande distance. Grand Bruit est née dans les années 1800, sans doute grâce à son port bien protégé, son abondance en forêts et en eau fraîche et la proximité de riches lieux de pêche.

Chute d'eau de Grand Bruit
Chute d’eau de Grand Bruit, Copyright © Gérard Morel

On pense que Grand Bruit a été colonisée à l’origine par des pêcheurs venus d’Angleterre et de Jersey, qui furent encouragés par des négociants en pêcherie de Jersey.

Une visite dans ce charmant village de pêcheurs conduit sur un chemin parsemé de maisons aux couleurs vives, et donne l’opportunité de rencontrer ses chaleureux habitants. Grâce à sa localisation de choix, le port de Grand Bruit est devenu une halte populaire pour les plaisanciers qui longent la côte.

Authentique et traditionnel, la ville de Grand Bruit reste parmi les quelques communautés isolées de pêche encore existantes sur l’île.

Maisons de Grand Bruit
Maisons à Grand Bruit, Copyright © Gérard Morel

… à aujourd’hui

L’hiver 2009 est hélas la dernière saison que les résidents passeront à Grand Bruit. Dans ce village jadis prospère, du fait d’une population toujours décroissante les habitants ont voté pour une relocalisation qui devrait s’achever l’été prochain.

Conséquence de l’exode rural en Atlantique, certains villages traditionnels de pêche sont en train de disparaître. À Terre-Neuve-et-Labrador, le gouvernement a autorisé la fermeture de plusieurs localités le long de la côte sud de la province.

Casiers de pêche à Grand Bruit
La pêche à Grand Bruit, Copyright © Gérard Morel

Ainsi, c’est tout un mode de vie qui va disparaître. Plusieurs de ces communautés, qui pouvaient auparavant être autonomes, n’ont plus la possibilités d’entretenir les services de base. Il y a deux ans, le magasin général, la poste puis l’école ont fermé tour à tour.

Suite au déclin de la pêche, l’activité du village est tombée inexorablement. Grand Bruit comptait jadis 200 habitants, aujourd’hui, elle a 31 habitants en été et 15 seulement en hiver. Le plus jeune habitant a 40 ans et la moyenne d’âge des résidents est de 60 ans.

Aujourd’hui, pour faire ses courses, il faut prendre successivement un ski-doo (ou un quatre-roues en été), un ferry et un taxi, ce qui représente plus de 2 heures, uniquement pour l’aller.

Outre ces problèmes pratiques de la vie quotidienne, la solitude hivernale est aussi un critère qui a poussé les habitants à voter pour la délocalisation.

Pour voir d’autres photographies de Grand Bruit, visitez le site de Gérard Morel.

Source des photographies : http://morel.g.free.fr/