L’histoire de la présence de la communauté italienne au Canada est longue. Giovanni Caboto (connu aussi sous le nom de John Cabot) explora les côtes du Canada pour le compte de l’Angleterre bien avant Jacques Cartier, vers 1497. Giovanni da Verrazzano, un marin florentin, parcouru les côtes de l’actuelle Nouvelle-Écosse au début du XVIe siècle. Le père Francisco Giuseppe Bressani fut le premier Européen à traverser les terres de l’intérieur du Québec et de l’Ontario en 1642.
Cependant, l’immigration des Italiens débute vers les années 1880, quand un grand nombre de ressortissants des régions du sud de l’Italie viennent au Canada pour échapper à la pauvreté. Ils sont originaires de Sicile, de Naples, de Calabre, mais aussi de Toscane, du Frioul, du Piedmont et même de Rome.
Ils s’établissent pour la plupart au Québec, du fait de son statut de province catholique. Les Italiens travaillent dans les chemins de fer, les mines et les forêts. De nombreux immigrants italiens rentrent alors en Italie pour l’hiver, mais cette pratique est abandonnée progessivement.
Notons qu’à cette époque, Ottawa encourageait l’établissement des immigrants dans les zones rurales du pays. Mais la plupart des Italiens, qui avaient connu la pauvreté dans les campagnes de leur pays d’origine, n’avaient aucune intention de recommencer une vie de paysan.
Au début du XXe siècle, le ministère de l’immigration du Canada, en analysant les statistiques, s’est rendu compte que les Italiens restaient dans les villes. Une directive ministérielle a alors decrété qu’on ne saurait «aider ou encourager l’immigration italienne au Canada». Mais ces instructions n’arrêtent pas l’immigration des Italiens.
Plusieurs d’entre eux obtiennent des promesses d’emplois avant même d’arriver au Canada, grâce au système des «padrones», ou parrains, dans les compagnies de chemins de fer, les mines ou les chantiers navals.
Il était alors pratiquement impossible de trouver un emploi sans l’aide du padrone. Il fallait par contre payer le parrain pour son aide. Leur rôle était tellement important qu’à Montréal, en 1904, le padrone Antonio Cordasco organise pour son anniversaire un «petit défilé» de 4 mille ouvriers italiens qui lui remettent la couronne de Roi du Travail.
Les autorités fédérales apprécient modérément cette parade qui fait parler d’elle partout au Canada. Une commission royale est formée pour enquêter sur l’immigration italienne. Les parrains perdent une partie de leur influence, mais le système reste en vigueur jusqu’aux années 1930, quand l’immigration italienne au Canada s’arrête, pour ne reprendre qu’après la Seconde Guerre Mondiale.
Cette fois, à part Montréal, les Italiens s’établissent à Toronto, Ottawa, Hamilton, Niagara Falls, Windsor, ainsi qu’à Vancouver et dans plusieurs autres villes du pays. Ils commencent à travailler dans les mines de Colombie-Britannique, de l’Alberta, de l’île du Cap Breton, ainsi qu’en Ontario, où ils forment d’importantes communautés à Sault-Ste-Marie et à Fort William.
Aujourd’hui, on estime qu’environ 1 million 500 mille Canadiens ont des racines italiennes, soit plus de 4.5% de la population totale du Canada. La plus grande communauté italienne au Canada se trouve maintenant dans la région de Toronto, où résident environ un tiers des Canadiens ayant des origines italiennes.
Parmi les quartiers italiens au Canada, on peut citer: Little Italy et Corso Italy à Toronto; la Petite Italie et Citta Italiana (Saint-Léonard) à Montréal; Via Italia, autour de Erie Street à Windsor; Little Italy ou St. Anthony of Padua à Ottawa; Little Italy à Vancouver.
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