Les années RCA VICTOR

Commissaire de l’exposition : Michel Forêt
Designer : Mélissa Jacques

Au musée des ondes Emile Berliner, on peut voir actuellement et ce, jusqu’au 18 décembre 2011, une exposition qui présente l’activité de l’usine RCA Victor de 1930 à 1975.

Les Années RCA Victor est une exposition qui retrace non seulement les grands moments de l’histoire de cette compagnie mais aussi l’influence technique et artistique qu’elle a eu à Montréal au coeur du quartier Saint-Henri.

Emile Berliner (1851-1929) a fondé la Berliner Gram-O-Phone Company en 1899. C’est en 1906 qu’il décide d’établir dans le quartier St-Henri une vaste usine qui abritera successivement la Berliner Gramophone, la Victor Talking Machine (à compter de 1924) et la RCA Victor (après 1929).

Avec une présentation thématique, l’exposition raconte l’évolution de la compagnie, de sa naissance à la vie quotidienne de ses employés, en passant par le progrès accompli dans les techniques d’enregistrement. De très nombreux objets font revivre son âge d’or : radios, tourne-disques à 78 tours, graveurs de disques, téléviseurs et magnétophones.

Graveur de disques portatif, Musée des ondes Emile Berliner

Graveur de disques portatif

Parmi ces nombreuses archives, certaines méritent d’être soulignées :

D’abord, du côté de l’histoire humaine de la compagnie, le tableau d’honneur des employés de RCA morts sur le front de la deuxième guerre mondiale reflète un épisode douloureux qui a marqué le passé de la compagnie. Par ailleurs, on pourra lire avec intérêt le Règlement des employés. Rédigé en anglais, il témoigne du rôle de l’anglais comme langue de fonctionnement, n’oublions pas que l'entreprise était originellement la Victor Talking Machine.
 
Du côté du progrès technique, on remarquera dans une vitrine la maquette du satellite Alouette qui faisait preuve d’une technologie haut de gamme pour l’époque 1959-1960. En effet, lancé le 28 septembre 1962 de Californie, Alouette avait pour mission d’étudier la couche supérieure de l'ionosphère, cette partie de l'atmosphère chargée d'électricité. Une connaissance plus approfondie de l'ionosphère permettrait d’assurer une meilleure retransmission des ondes radio dans les hautes altitudes. Alouette a dépassé les attentes de ses concepteurs et a véritablement été à l’origine d’un programme canado-américain d'étude systématique de l'ionosphère. Autre innovation de taille, en 1949, RCA lance le 45 tours pour faire concurrence à Columbia qui avait inventé le 33 tours. Cette invention sera à l’origine d’un nouveau marché pour les artistes, la vente de "single".

Radios anciennes et militaires, Musée des ondes Emile Berliner

À droite des radios militaires, le tableau d'honneur des employés morts au front

Il est impossible de détailler les très nombreux objets présentés, il faut vraiment voir l'exposition. Mais on pourra encore admirer l’appareil Forma 70 d’André Morin qui constitue un beau témoignage de l’évolution du design chez RCA Victor, un enregistreur Rek o Kut ou encore une radio à lampe fonctionnant avec des batteries B. Et pour conclure, on ne manquera pas de s’étonner devant d’imposantes radios militaires destinées à l’armée russe, ceci expliquant pourquoi elles portent des inscriptions en caractères cyrilliques. Pour la petite histoire, on retiendra qu'en raison de leur poids, ces radios ont également pu servir d’ancres à bateaux, comme quoi, on recyclait déjà à cette époque ! 

radio militaire avec caractères russes, musée Émile Berliner

Radio militaire avec caractères cyrilliques

La mise en scène de l'exposition avec un décor constitué de palettes et de caisses de transport en planches de pin blanc contribue à donner une atmosphère émouvante à l'endroit, plongeant le visiteur dans une sorte de reconstitution d’entrepôt de la RCA-Victor où on s’attendrait presque à voir arriver un cariste pour emporter la prochaine livraison. 

Rappelons que le musée va s’agrandir prochainement et jouera un rôle central dans le projet Berliner Cité des Ondes. Comme l’était à l’époque la RCA-Victor, la Berliner Cité des Ondes promet de devenir un pôle attractif pour attirer d’autres entreprises oeuvrant dans le domaine de l’audio-visuel et des communications, poursuivant ainsi la tradition léguée par Emile Berliner.

Télévision, Musée Émile Berliner

Des télévisions au design étonnant

Adresse :
Musée des ondes Emile Berliner
1050, rue Lacasse, C-220,
H4C 2Z3
Montréal.
www.berliner.montreal.museum

Horaires :
Les vendredis, samedis et dimanches, du 6 février au 18 décembre 2011,
de 14h00 à 17h00.

Prix d’entrée : $2.00 Étudiant(e)s et ainé(e)s, $3.00 Adultes.

Source des informations : Martin Boucher

Source des photographies : Copyright © Musée des ondes Emile Berliner

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