La mousse d’Irlande est une algue de petite taille, en forme d’éventail. Son nom scientifique est Chondrus crispus Lingby et elle appartient à la famille des Gigartinaceae. On la trouve immergée  jusqu’à 9 mètres de profondeur, à des températures oscillant entre 5 et 15 degrés Celsius.

La mousse naît d’une spore. Les spores de mousse d’Irlande se fixent sur des roches au fond de l’eau. La plante devient adulte en trois à cinq ans, les frondes (ses branches) qui la composent varient alors du vert jaunâtre au rouge.

Elle vit fixée sur les rochers de l’Atlantique et de la Manche. On peut la récolter à la main ou au rateau. Ses applications thérapeutiques sont diverses : toux, bronchites, gastrites, constipation, hémorroïdes, adjuvant des régimes restrictifs. Elle a également des propriétés anticoagulantes. On l’utilise aussi pour faire des crèmes et des émulsions ou encore des gélifiants dans l’industrie agro-alimentaire.

Une mousse d’Irlande adulte mature peut atteindre les 15 centimètres de hauteur. La croissance de la mousse d’Irlande s’effectue par le bas, ce qui lui permet de survivre même si elle perd ses frondes, ce qui est fréquent lors des tempêtes.

Sur l’Île-du-Prince-Édouard, il fut un temps où de nombreuses familles vivaient de la récolte de cette algue. Aujourd’hui, cette activité s’est restreinte à l’ouest de l’Île. On peut y voir des chevaux harnachés avec de longs râteaux parcourir les plages pour récolter la précieuse mousse. On utilise aussi désormais des bateaux.

Cette activité a commencé au cours des années 1930. Elle s’est développée de façon exponentielle par la suite et a rapporté des millions de dollars à la province. La forte demande en carraghénane, une substance extraite de cette algue, explique ce succès. Cet extrait est utilisé dans un grand nombre de produits comme la bière, la pâte dentifrice ou encore la crème glacée. Il agit à titre de liant entre les ingrédients et clarifie les liquides.

Depuis la fin des années 1970, l’industrie de la mousse d’Irlande est en perte de vitesse. On a en effet trouvé de nouvelles sources de carraghénane, de plus, les stocks de mousse d’Irlande ont diminué.

Le crabe vert notamment, même s’il ne la consomme pas, a déséquilibré l’environnement de l’algue. Ce crabe, originaire d’Europe et d’Afrique du Nord, est extrêmement envahissant sur les côtes. Le Ministère des Pêches et Océans mène d’ailleurs des études pour tenter de protéger une espèce rare de mousse d’Irlande. Par ailleurs, le crustacé constitue un danger direct pour les moules et d’huîtres de l’Île-du-Prince-Édouard.

Un musée sur la mousse d’Irlande se trouve sur la route no 14 à Miminegash. On peut en savoir plus sur cette algue et y goûter une succulente tarte aux algues.

Quelques recettes à base de mousse d’Irlande:http://www.virtualmuseum.ca/Exhibitions/PrinceEdwardIslandHarvest/moss_f/recipe.html