Si l’ours blanc (Ursus maritimus), aussi appelé ours polaire, se rencontre dans toutes les régions les plus septentrionales des pays entourant le pôle Nord, comme en Russie, en Norvège, au Groenland (Danemark) et en Alaska (États-Unis), c’est au Canada qu’habite la grande majorité de ces plantigrades.

On estime en effet que sur les 20 000 à 30 000 ours blancs que compte actuellement la planète, plus de 15 000 se trouvent dans le nord des provinces du Manitoba, de l’Ontario et du Québec, ainsi que dans les Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Dans ces deux Territoires canadiens, les plaques d’immatriculations des véhicules ont d’ailleurs la forme d’un ours polaire, et on le retrouve également sur la pièce canadienne de deux dollars.

ours polaire
Pièce de 2$ - Copyright © PlanèteCastor

Un mâle adulte pouvant atteindre plus de 3 mètres de long, du museau à la queue, pour un poids dépassant parfois les 800 kilos, l’ours blanc est, avec l’ours brun de Kodiak (qui vit en Alaska), le plus grand carnivore terreste. Il préfère cependant passer son temps dans l’eau et sur la banquise, à tel point que certains scientifiques n’hésitent pas à le classer parmi les mammifères marins. Les femelles sont en moyenne deux fois plus petites que les mâles.

L’ours polaire présente une silhouette caractéristique qui le distingue des ours bruns et noirs, avec un corps puissant et longiligne reposant sur d’énormes pattes, et une tête relativement fine se terminant par un museau allongé. Il est protégé du froid par son épaisse fourrure blanche (dont les poils sont en partie translucides), sous laquelle se dissimule une peau noire, absorbant les rayons solaires, qui recouvre une généreuse couche de graisse.

Cette disposition lui permet de résister remarquablement aux rigoureux hivers arctiques, mais le rend par contre particulièrement sensible à la moindre hausse des températures. En conséquence, le réchauffement global de la planète pause un réel problème et pourrait même menacer la survie de l’espèce. Plusieurs spécialistes prévoient que si les conditions climatiques continuent d’évoluer selon les tendances que l’on observe ces derniers temps (et comme on le remarque précisément de façon spectaculaire autour du cercle Arctique), l’ours polaire serait condamné à disparaître de la surface de la Terre d’ici la fin du XXIe siècle.

Ours polaire
Ours blanc (Arctic National Refuge, Alaska) - Copyright © Fabrice Simon

De plus, outre le danger que représente la dissolution de son habitat, il faut aussi tenir compte du fait que la source principale d’alimentation de l’ours blanc (presque exclusivement carnivore, contrairement à ses cousins omnivores bruns et noirs), est le phoque. Et ce dernier ne supportera sans doute pas mieux que son ennemi poilu la transformation à court terme de leur environnement commun. On constate d’ailleurs depuis quelques années un déclin de la population d’ours blancs, qui se traduit notamment par une diminution de leur taille.

Si la femelle qui attend des petits (tous les deux ans), passe l’hiver dans un abri de glace ou une grotte enneigée, ses congénères continuent de parcourir la banquise en quête de nourriture. Puis ils regagnent la côte en nageant d’icebergs en glaçons à l’approche de l’été, contraints par la débâcle à retourner sur la terre ferme.

La petite ville de Churchill, située sur les rives de la baie d’Hudson, dans le nord du Manitoba, est chaque automne le rendez-vous d’ours polaires affamés. Plus d’une centaine d’entre-eux se rassemblent dans cette région entre les mois de septembre et de novembre pour attendre la formation des glaces, qui leur permettra de repartir chasser les phoques.

À cette époque, les touristes imprudents risquent de faire de mauvaises rencontres si ils ne prennent garde aux nombreuses consignes de sécurité émisent par les autorités locales. En effet, les ours blancs, qui sont considérés comme les plantigrades les plus agressifs du Canada, se promènent alors fréquemment dans les rues de Churchill à la recherche d’éventuels déchets, mais ils ne rateront sûrement pas l’occasion de faire un repas plus substantiel à base de chair humaine.

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Ours blanc (Arctic National Refuge, Alaska) - Copyright © Fabrice Simon

Espèce protégée dont la traque est théoriquement réservée aux Inuits, pour qui la chasse à l’ours est encore aujourd’hui intimement liée à leur mode de vie et à leur culture, quelques ours blancs sont néanmoins victimes chaque année des inévitables amateurs de trophées.

Bien sûr, ces chasseurs doivent payer des sommes importantes pour pouvoir se livrer à leurs sombres penchants. Mais la plupart des ours polaires restent de glace devant ces considérations financières, et plusieurs d’entre-eux se demandent sans doute jusqu’où aller sur cette Terre maudite, pour échapper à l’animosité et à la perfidie des hommes.

Photographies: Copyright © Fabrice Simon, avec l’aimable autorisation de l’auteur

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