L’ours noir (Ursus Americanus) se rencontre dans les forêts de l’ensemble des provinces et territoires canadiens, ainsi que dans de nombreux États américains et dans le nord du Mexique.

L’ours noir est un plantigrade omnivore. Bien qu’il se nourrisse essentiellement de végétaux (et son goût pour les baies ou pour le miel est proverbial), il ne dédaigne pas à l’occasion de varier son ordinaire avec quelques poissons, de petits mammifères ou l’un de ces délicieux détritus qui signalent généralement le passage d’un être humain.

Si la majorité des ours noirs sont effectivement recouverts d’un épais pelage noir foncé (avec souvent une tache blanche sur la poitrine), certains représentants de cette grande famille disposent d’une robe pouvant aller du brun foncé au jaune clair, en passant par le gris et toutes les nuances entre ces différentes teintes. Les ours Kermode, qui arborent une superbe fourrure blanche aux reflets jaune pâle, habitent sur de rares îles de la Colombie-Britannique, alors que les ours bleus (aussi appelés ours des glaciers) préfèrent fréquenter la chaîne côtière du nord-ouest du Canada et les terres sauvages de l’Alaska.

Ours noir
Famille d’ours noirs (Île de la Princesse Royale, Colombie-Britannique) - Copyright © Fabrice Simon

Plus que par sa couleur, l’ours noir se distingue du grizzly par l’absence de bosse entre ses épaules et par la forme arrondie de son corps. Plus petit que ses congénères blancs ou bruns, un ours noir adulte atteint en moyenne une hauteur d’un mètre vingt au garrot, pour une longueur variant entre un mètre cinquante et un mètre quatre-vingt, son poids pouvant aller jusqu’à près de 300 kg (pour un mâle adulte et bien nourri).

L’ours noir n’hiberne pas au sens propre du terme. Il passe bien la majeure partie de la saison froide à dormir, vivant sur la réserve de graisse accumulée pendant les derniers beaux jours, mais il peut lui arriver de sortir de sa tanière quand son sommeil est perturbé. C’est aussi lors cette période de semi-hibernation que naissent les oursons, qui ne pèsent alors en moyenne que 300 grammes. Cependant, leur développement est spectaculaire et ils pourront atteindre une cinquantaine de kilos avant l’arrivée du prochain hiver.

Ours noir
Ours noir (Île Gribble, Colombie-Britannique) - Copyright © Fabrice Simon

Les ours noirs sont de bons coureurs et des nageurs accomplis. De plus, grâce à leur poids relativement modéré et à leurs pattes munies de puissantes griffes recourbées, ils peuvent grimper aux arbres avec une aisance et une rapidité remarquables (contrairement aux grizzlys, qui de toutes façons ne tiennent pas à ce qu’on les confonde avec des écureuils). Les ours noirs passent d’ailleurs une grande partie de leur temps perchés dans les branches, à écouter le chant des oiseaux tout en se tenant prudemment à l’écart d’éventuels humains errant dans les bois.

Car bien que l’espèce soit théoriquement protégée, des chasseurs avides de trophées abattent chaque année au Canada plusieurs dizaines de milliers d’ours noirs. Ces derniers sont pourtant beaucoup moins agressifs que les grizzlys ou que les ours polaires, même si ils peuvent devenir dangereux dans certaines situations: par exemple pour défendre leurs petits; s’ils s’estiment menacés et qu’un homme coupe leur retraite; ou après avoir été blessés par un chasseur incompétent et irresponsable.

Ours noir
Ours noir (Île de la Princesse Royale, Colombie-Britannique) - Copyright © Fabrice Simon

Signalons enfin que la province du Québec est l’une des dernières régions d’Amérique du Nord où la chasse à l’ours noir soit encore autorisée au printemps. Cette pratique est largement critiquée, car à cette saison, les oursons (ils naissent au cours de l’hiver) qui ont perdu leur mère sous les balles des chasseurs sont incapables de survivre seuls. Ils sont donc à leur tour condamnés à mourir dans les plus brefs délais.

Ce type de chasse est aujourd’hui interdit dans la plupart des États américains et des provinces canadiennes, notamment en Ontario, voisine et principale concurrente du Québec dans ce domaine jusqu’en 1999.

Photographies : Copyright © Fabrice Simon, avec l’aimable autorisation de l’auteur

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