L’ours et le missionnaire

Comme le signale Parcs Canada dans une notice publiée à l’intention des visiteurs qui désirent se rendre dans l’un des parcs nationaux ou parcs provinciaux du pays: “Personne, pas même les spécialistes, ne peut prévoir le comportement des ours devant une situation particulière.”

Afin d’illustrer le caractère et les réactions parfois surprenantes de ces charmants plantigrades, voici un petit récit dont l’authenticité ne saurait être mise en doute, puisqu’il fut découvert dans les Archives secrètes du Vatican.

Il est tiré d’un document d’époque, que nous nous sommes procurés par des moyens qu’il est préférable de taire, intitulé: Relations inédites, horrifiques et véridiques de quelques aventures survenues aux dévoués serviteurs de Dieu en terres de Nouvelle-France.

Pour plus de commodité, nous avons retranscrit le texte en français moderne.

Un missionnaire solitaire, en route pour évangéliser des indiens qui l’attendaient sûrement avec impatience, traversait les vastes et sombres forêts du nord de l’Amérique. Il était plongé dans de pieuses pensées, lorsque soudain un ours immense surgit d’un fourré et se dressa devant lui de toute sa hauteur. La bête féroce poussa ensuite un grognement qui, selon le voyageur, ne présageait rien de bon.

L’homme de Dieu lança des regards affolés autour de lui, mais ce fut pour constater avec dépit qu’il était trop tard pour fuir.

Alors, n’écoutant que son courage (qui ne lui disait d’ailleurs rien), le missionnaire se jeta à genoux, joignit deux mains tremblantes et se mit à prier:

“Seigneur, faites que cet animal soit un bon chrétien et qu’il veuille bien m’épargner!”

Au même moment, l’ours se jeta à genoux, joignit ses grosses pattes velues et se mit à prier:

“Je vous rends grâce, Seigneur. Veuillez bénir ce repas.”

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