Les moustiques sont des arthropodes de la classe des insectes et de l’ordre des Diptères (famille des Culicides).

Au Canada, on compte pas moins de 74 espèces de culicides (sur plus de 3 mille connues et décrites à travers le monde).

Les moustiques ne sont qu’une partie des insectes piqueurs canadiens. On y trouve également des mouches noires, des tabanides (les taons, frappe-à-bord, mouches à chevreuil, à cheval et à orignal) et des cératopogonides (les brûlots). Mais les moustiques, ces petits insectes au corps élancé et au bourdonnement horripilant, sont les plus nombreux.

Au Canada, les moustiques adultes sont présents du début du printemps à la fin de l’automne, puisque les périodes d’activité des diverses espèces se succèdent avec une belle efficacité.

La tête d’un moustique porte une longue trompe ou proboscis. Celle de la femelle est allongée et presque droite. C’est évidemment la perfide femelle qui pique et aspire le sang des humains. Le mâle ne pique pas, sa trompe, étant moins rigide, ne peut percer la peau.

Même si cette remarque risque de soulever un tollé parmi nos fidèles lectrices, notons que la femelle est généralement plus grosse que le mâle. L’accouplement des moustiques a lieu en vol ou dans la végétation. Les femelles gardent la semence du mâle dans leur spermathèque, une petite poche située dans l’abdomen. Une fois fécondées, elles fument rapidement une cigarette et partent sans plus tarder en quête de sang.

Après avoir absorbé du sang, la femelle se pose dans un endroit abrité pour digérer son repas. Quelques jours plus tard, elle pond de 50 à 300 œufs dans différents milieux aquatiques ou sur un sol humide. Les oeufs sont fusiformes, allongés et renflés au centre, et parfois munis de minuscules flotteurs. Selon l’espèce et la période de l’année, l’éclosion peut se produire après quelques heures, ou est retardée de plusieurs mois. Parfois, certains œufs de moustiques peuvent résister à une période de sécheresse de trois à cinq ans.

Après sa sortie de l’œuf, le bébé moustique passe par quatre stades larvaires. Ensuite, il se transforme en nymphe, qui ne se nourrit pas. L’émergence de l’insecte adulte a lieu à la surface de l’eau. La nymphe s’étire, son tégument se fend dorsalement et, lentement, le moustique s’extirpe de l’exuvie (peau rejetée après la mue). Avant de s’envoler, le moustique adulte reste à la surface jusqu’à ce que ses ailes et son corps sèchent et durcissent. Les mâles émergent souvent avant les femelles, car il leur faut davantage de temps pour développer leurs glandes sexuelles.

Le cycle vital des moustiques dépend de l’espèce, mais tous les moustiques sont des insectes à métamorphose complète, ou holométaboles. Chez tous les moustiques, les stades de l’oeuf, de la larve et de la nymphe sont aquatiques, alors que le moustique adulte est aérien.

En général, la durée de vie des moustiques adultes varie d’une semaine à plus d’une trentaine de jours.

Les moustiques, autant sous la forme de larves qu’à l’âge adulte, sont un élément important de plusieurs chaînes alimentaires. Ils forment une abondante source de nourriture pour des prédateurs, tant en milieu aquatique que terrestre. Dans l’eau, les stades immatures sont une excellente source de nourriture pour le zooplancton, des insectes (larves de libellules, dytiques) ou les poissons. Les adultes sont la proie d’insectes, de batraciens, d’oiseaux ou de chauves-souris.

Faute de pouvoir éviter tout contact désagréable avec les moustiques, il est bon de rappeler qu’au Canada, les mois de juin et de juillet sont les plus propices à la prolifération de ces charmants animaux. Ils sont particulièrement actifs en fin d’après-midi et après le coucher du soleil, ainsi que tôt le matin et après la pluie. Évitez donc de sortir sans être vêtu de la tête aux pieds. Prenez soin de bien couvrir vos poignets, vos chevilles et votre cou. Laissez de côté les vêtements foncés ainsi que les jeans et portez plutôt des vêtements amples de teintes claires, blanches ou kaki.

Des biologistes recommandent aussi d’éviter les shampoings odorants, les parfums et les lotions après rasage. Au besoin, lors d’une promenade en forêt, un filet moustiquaire sur la tête, du genre résille d’apiculteur, peut rendre de grands services en faisant peur aux moustiques, aux ours et aux petits enfants.

Aujourd’hui, certains se demandent si les moustiques peuvent transmettre le Sida. Le VIH, virus responsable du Sida, est un agent pathogène propre aux primates (les singes et les humains). Le moustique est donc très peu susceptible de servir d’agent de transmission. De plus, les moustiques canadiens piquent rarement plus d’une fois. Même dans les zones tropicales, il y a peu de chance que le virus se trouve dans l’infime quantité de sang absorbée par l’insecte. Bref, tout laisse croire que les risques de transmission de cette maladie par un moustique sont pratiquement nuls.

Il n’en reste pas moins que dans certaines parties du monde, les moustiques peuvent transmettre des maladies comme le paludisme ou la filariose.

Finalement, rappelons que le mot français “moustique” daterait du XVIe siècle, alors que l’appellation mousquite fait son apparition. Ensuite, le terme se transforme en moustique. Le mot a été emprunté au terme espagnol mosquito, diminutif de mosca, qui signifie mouche. En anglais, le moustique se nomme également mosquito.

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