Le castor (beaver en anglais) est un mammifère végétarien qui appartient à l’ordre des rongeurs. Il se distingue par son impressionnante queue plate et flexible recouverte d’écailles, par ses larges pattes postérieures palmées et ses longues incisives orangées, toujours bien aiguisées.

En Amérique, le castor est largement répandu dans les régions boisées du Canada et des États-Unis, ainsi que dans le nord du Mexique. Il se rencontre autour des lacs et des étangs, le long des rivières et des ruisseaux.

L’ancêtre du castor, qui vivait à l’époque des mammouths, mesurait près de 3 m de long et devait peser plus de 350 kg. Aujourd’hui, le castor du Canada peut peser jusqu’à trente kilos et atteindre un mètre vingt de longueur, sa queue à elle seule faisant en moyenne 30 cm de long sur 18 de large. Son corps est recouvert d’une épaisse fourrure brune et imperméable, qu’il entretient soigneusement en lissant les poils avec ses griffes. Ses oreilles et ses narines sont munies de valves qui se ferment quand le castor se trouve sous l’eau. Par contre, ses yeux peuvent rester ouvert grâce à une fine membrane transparente qui les protègent de l’élément liquide.

Car s’il peut sembler lent et maladroit quand il se déplace sur la terre ferme, c’est bien sûr dans l’eau que le castor est le plus à l’aise. Il peut nager à plus de 7km/h et, en cas de besoin, rester immergé pendant près de 15 minutes.

 

Castor
Castor, Copyright © Hellene de Sutaa

Le castor est surtout célèbre pour son habileté à construire des barrages à l’aide de troncs d’arbres, de branches et de matériaux divers, qu’il assemble patiemment. Assis sur son postérieur, il taille les troncs d’arbres à grands coups d’incisives, puis il les fait tomber avec ses pattes de devant, munies de griffes et singulièrement musclées.

Prince des bûcherons et roi des bâtisseurs, le castor construit aussi une hutte, qu’il peut occuper plusieurs années de suite, édifiée au milieu ou au bord d’un plan d’eau dont il contrôle le niveau grâce à ses barrages. En forme de coupole, la hutte érigée à grand renfort de branches, de pierres et de boue, dispose d’une cheminée d’aération et de deux entrées sous-marines, la seconde pouvant servir de sortie de secours en cas de danger.

À l’intérieur, la plateforme sur laquelle le castor vit avec sa famille est située une dizaine de centimètres au-dessus du niveau de l’eau, alors que l’entrée reste dissimulée aux yeux des prédateurs terrestes. Les castors vivant souvent en colonie, les huttes peuvent avoir plus de 5 mètres de diamètre et 2 mètres de haut.

Cependant, le castor n’abat pas des arbres uniquement pour construire des barrages et des huttes, mais aussi pour se nourrir. Il a ainsi accès non seulement à l’écorce, mais aussi aux pousses, aux bourgeons et aux feuilles qu’il ne pourrait pas atteindre autrement. Au cours de l’hiver, les castors du Canada disposent d’une réserve de nourriture, souvent des branches de saules ou de peupliers, entreposée à proximité de l’entrée de la hutte et cachée sous l’eau, dont la surface est recouverte pendant de longs mois d’une épaisse couche de glace.

Castor

Castor, Copyright © Hellene de Sutaa

Le castor peut vivre entre 10 et 20 ans. Il est monogame et la femelle joue un rôle prépondérant au sein de la famille. Mais le castor du Canada doit se protéger contre un certain nombre de prédateurs, parmi lesquels on compte le loup, le coyote, le lynx, l’ours, le carcajou, le renard et la loutre. En cas de danger, le castor frappe la surface de l’eau avec sa queue afin de prévenir ses congénères.

Mais le pire ennemi du castor est bien sûr l’être humain, qui a longtemps traqué ce rongeur pour sa fourrure, très recherchée au XIXe et au début du XXe siècle pour confectionner des manteaux et des chapeaux, tant en Amérique qu’en Europe. Au Canada, la traite des fourrures à longtemps représenté un des secteurs les plus importants de l’économie du pays. Ce commerce fut ainsi à la base de la prospérité de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Du fait de cette chasse intensive, la survie de l’espèce était grandement menacée dans la première moitié du XXe siècle. C’est alors que diverses initiatives de protection et de conservation, dont celles du célèbre naturaliste Grey Owl, ainsi que l’évolution de la mode et un net ralentissement de l’engouement pour la fourrure de castor, permit à cet infatigable rongeur de proliférer à nouveau. De nos jours, on estime qu’il y a entre 10 et 15 millions de castors en Amérique du nord.

Après avoir largement contribué à la richesse du pays, le castor est devenu l’emblème national du Canada. On le retrouve sur les frontons des immeubles, sur les pièces de monnaie, sur les timbres et sur certains des meilleurs sites internet consacrés au Canada. De plus, un castor fut la mascote officielle des Jeux Olympiques organisés à Montréal en 1976. Enfin, on ne compte plus les villes, villages, forêts, lacs, rivières et autres cours d’eau canadiens dont les noms se rapportent au castor (ou au beaver).

Dessins du castor : Copyright © Hellene de Sutaa

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