Du 27 octobre au 5 décembre 2010

Le quatrième Cycle de conférences de la rectrice de l'Université Concordia est présenté en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Cette nouvelle édition des "Conférences de la rectrice" marque le coup d'envoi d'une nouvelle série La ville est monde: Montréal à travers les yeux de Concordia qui s'échelonnera jusqu'en 2015.

Montréal et Concordia ont en commun d’être des creusets de langues, de cultures et de savoirs. À travers cette série de conférences, on pourra tenter de comprendre les mouvances et métissages qui forment le Montréal d’aujourd’hui. La ville est monde: Montréal à travers les yeux de Concordia se compose de conférences, mais aussi de performances et de discussions par des chercheurs de l'université sur la complexité de cette ville. Une conférence de Sherry Simon à l’auditorium de la Grande Bibliothèque inaugure cette série.

Sherry Simon

27 octobre: Le flot des langues, la grâce des cultures

Conférence de Sherry Simon

Mise en scène et scénographie de Michael Montanaro

Depuis sa fondation, Montréal vit au rythme de multiples langues et cultures. Entre elles se tissent des relations de traduction qui ont marqué l'histoire culturelle de la ville. La conférence explore entre autres les années 1940, marquées par l'émergence de trois courants littéraires distincts: anglais, français et yiddish. Dans cette présentation basée sur une géographie littéraire détaillée, Sherry Simon dresse un portrait cartographique du Montréal des lettres à travers les époques, en s’attardant particulièrement sur l’héritage laissé par les salons littéraires des années 1940. Des lieux emblématiques de rencontre des communautés comme le chalet du Mont-Royal ou l’église st Michael's, à des questions toponymiques très révélatrice des rivalités linguistiques, c’est une approche physique de la ville que propose Sherry Simon.

 

Le flot des langues, la grâce des cultures

Le blason énigmatique de Borduas installé dans le chalet du Mont Royal, l’église St Michael's qui combine des formes orientales et chrétiennes, le film de cinéma Bon cop, Bad cop, c’est avec des exemples apparemment anecdotiques que Sherry Simon effectue une traversée des courants ayant marqué l’histoire littéraire du Canada : le mouvement automatiste du studio Paul-Émile Borduas chez les francophones, le modernisme de Frank R.Scott chez les anglophones et le «modernismus» yiddish du salon de Mme Ida Maza.

Paradoxalement, ces trois cercles littéraires pourtant proches géographiquement, avaient peu d’échanges entre eux. En revanche, ils entretenaient des rapport étroits  avec d’autres grandes villes comme Toronto ou New York. Sherry Simon rappelle que Hugh MacLennan avait d'ailleurs décrit Montréal en 1945 comme une juxtaposition de «solitudes». Aujourd’hui, la réalité littéraire de Montréal est différente, par exemple, de nombreux auteurs immigrants écrivent en français sans appartenir pour autant à une chapelle particulière: Emile Ollivier, Monique Bosco, Pan Bouyoucas, Sergio Kokis, Naim Kattan, Dany Laferrière, Marco Micone, Ying Chen, Ook Chung, Wadji Mouawad, etc. Pour finir, Sherry Simon évoque la disparition des 's des enseignes imposée aux commerces par la loi 101, et on se prend à imaginer une sorte de cimetière des éléphants oublié des 's.

 

Montréal sur le fleuve des langues

En complément à cette exposition, on pourra lire le livre de Sherry Simon Traverser Montréal. Une histoire culturelle par la traduction et relire ses classiques comme Lakoff et Johnson, avec Les métaphores dans la vie quotidienne qui révèlent à quel point la langue est le reflet de l’imaginaire d’un peuple et de sa perception de son environnement. Sherry Simon termine sur une note optimiste en soulignant qu’il y a un «bénéfice cognitif dans l’inconfort linguistique».

Seul bémol, on peut regretter que la présentation visuelle accompagnant cette conférence qui allie brillante démonstration et exemples insolites, ait été si pauvre : peu d’images, une sorte de fond subliminal en perpétuel mouvement, ainsi qu’un éclairage rappelant trop celui d’une soirée hybridation au festival du Nouveau Cinéma. Sherry Simon est professeure et chercheuse au Département d'études françaises de l'Université Concordia.

À l'Auditorium de la Grande Bibliothèque Le mercredi 27 octobre de 19 h 30 à 21 h Entrée libre

27 octobre au 5 décembre: Les langues vivantes, réelles

Ollivier Dyens, David (Jhave) Johnston, Jason Lewis, Alison Loader, Max et Julian Stein Depuis sa fondation, Montréal a vécu au rythme des langues et des cultures qui s'y sont enchevêtrées. Du français à l'anglais, en passant par l'italien, le grec et l'hébreu, aujourd'hui par le vietnamien, l'espagnol, le swahili, demain par le langage machine et la cybernétique, Montréal est tissée des pensées, des tensions et de la richesse des langues et des cultures qui s'y croisent. En ce début de 21e siècle, Montréal est polyglotte, elle parle et pense en plus d'une centaine de langues.

À l'Auditorium et dans le hall de la Grande Bibliothèque 475, boul. De Maisonneuve Est Montréal (Québec) Entrée libre - Tous les spectacles débutent à 19h30.

3 novembre: L’Université autrement: Dans les Cafés - Le français au Québec, un bien collectif à ménager avec Paula Bouffard, animée par Sophie Ambrosi

25 novembre: L’Université autrement: Dans les Cafés - Le refus de la position du missionnaire. Le rôle du théâtre engagé dans le développement des communautés

avec Ted Little, animée par Jimmy Ung

1er décembre: Une pluie de mots, de langues, de silences: Soirée de poésie-performance

Avec Stephanie Bolster, Marc André Brouillette, Jason Camlot, David McGimpsey, Mary di Michele, Sina Queyras et André Roy

Mise en scène et scénographie de Michael Montanaro

Plus d'informations : Tél. : 514 848 2424, poste 4825 Courriel : pcs@alcor.concordia.ca

Site internet: http://www.concordia.ca/presidentsconferences/

Photographies : Copyright © PlanèteCastor

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