De la Nouvelle-France au Canada : évolution onomastique

En 1535, le mot huron-iroquois “kanata”, voulant dire “village” ou “établissement”, fut employé par les autochtones pour montrer à Jacques Cartier la direction de Stadacona, où se dresse maintenant la ville de Québec. Par la suite, Jacques Cartier utilise le mot Canada pour désigner l’ensemble du territoire possédé par Donnacona, qui était alors le chef de Stadacona.

Depuis, le Canada ne cesse de s’agrandir jusqu’à englober l’ensemble de la Nouvelle-France et s’étendre jusqu’à l’océan Pacifique.

Mais auparavant, vers 1664, Pierre Boucher, personnage célèbre de l’époque des pionniers de la Nouvelle-France, fait publier un volume de ses mémoires qu’il intitule Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada. À cette époque, les colons s’appellent déjà les Canadiens, même si le nom officiel de la colonie continue d’être Nouvelle-France. C’est d’ailleurs ce dernier nom qui désigne le pays sur les cartes et dans les récits officiels.

Au cours du XVIIIe siècle, le nom Canada est de plus en plus populaire dans le langage courant, alors que le terme de Nouvelle-France se voit réduit à un usage officiel et administratif.

Le nom Québec ne désigne alors que la ville de Québec et ses alentours. C’est après la Conquête anglaise que le terme de Québec devient une désignation plus ou moins officielle de l’ensemble du territoire, notamment après l’Acte de Québec approuvé par la Couronne britannique en 1774. Cet acte accorde un certain nombre de droits à la population francophone du pays.

À la même époque, de nombreux anglophones viennent s’installer dans cette région. Le terme Canadien identifie alors la population qui parle français, tandis que les habitants anglophones sont appelés simplement les Britanniques.

C’est en 1867, avec l’avènement de la Confédération canadienne, que le terme Canadien français est introduit, les Britanniques devenant des Canadiens anglais.

Le terme Canadiens français sera en usage jusqu’en 1960, quand la Révolution tranquille crée une nouvelle désignation: les Québécois. Cette fois, la nouvelle identité, adoptée largement vers 1968, est censée désigner l’ensemble des habitants de cette province.