Vers la fin du mois de mai 1884, une délégation de Métis, d’Amérindiens et de colons blancs, dirigée par Gabriel Dumont, rejoint Louis Riel à Batoche, sur la North Saskatchewan.

Dumont, qui est le chef des Métis de Saint-Laurent et qui connaît bien Riel, rédige une liste de demandes avec les leaders cris Big Bear et Poundmaker, ainsi qu’Honoré Jackson et d’autres délégués.

Finalement, le 16 décembre 1884, Louis Riel envoie le texte du comité mixte au gouvernement canadien.

Notons que Riel accepte immédiatement le rôle de chef politique des Métis. Il est persuadé qu’il accomplit ainsi son rôle de prophète et de fondateur d’une nouvelle religion chrétienne. On ne peut d’ailleurs exclure qu’il gagne de l’influence parmi les Métis avec cette position de représentant du Dieu tout-puissant.

Le 11 février 1885, le gouvernement fédéral donne sa réponse et propose de recenser la population du Territoire du Nord-Ouest et de former une commission d’enquête pour étudier les différents problèmes.

Les Métis accueillent mal la nouvelle. Une partie d’entre eux prônent une révolte armée.

Cependant, l’Église, les colons anglophones et une partie des Métis représentés par Charles Nolin rejettent cette voie.

De son côté, Louis Riel soutient les partisans de l’insurrection. Le 19 mars 1885, après avoir déclaré la fondation d’une nouvelle Église et avoir accusé Rome de corruption et d’hérésie, Louis Riel annonce la formation d’un gouvernement provisoire. Riel est nommé chef politique et spirituel du nouveau pays, et Dumont devient son chef militaire.

Même si l’Église romaine catholique condamne la violence et que les Amérindiens Pieds-Noirs assurent qu’ils ne participeront pas à cette révolte, la plupart des Métis se joignent au Gouvernement provisoire et la rébellion du Nord-Ouest commence.