Lors des deux tentatives américaines d’invasion du Canada de 1775 et de 1812, la population canadienne est restée sourde aux appels des américains à l’insurrection contre les forces anglaises.

Toutefois, pendant les deux décades qui suivirent la guerre de 1812-1815, le mécontentement parmi la population des deux Canada, soit le Bas-Canada (Québec) et le Haut-Canada (Ontario), s’est traduit par un désir de réformes, renforcé, particulièrement dans le Bas-Canada, par les tensions entre les francophones et les anglophones.

Au Québec, au conflit politique s’ajoutent des controverses religieuses et ethniques. En fait, les Canadiens francophones et anglophones s’accusent mutuellement de tous les maux. Certains partisans des réformes exigent la limitation du rôle de l’église catholique, alors que d’autres voient dans la religion le principal soutien à leurs aspirations.

En 1837, une insurrection armée éclate au Québec. Le Haut-Canada est influencé par les événements qui agitent la colonie voisine, mais le conflit armé est beaucoup plus limité.

En février 1838, un groupe de rebelles essaie de se saisir de l’île Pelée, en Ontario, mais ils sont facilement battus. En juin de la même année, des adversaires du régime effectuent un raid contre le village de Short Hill, situé sur la frontière américaine, près des Chutes du Niagara. L’automne suivant ont lieu les attaques de Windsor et de Windmill Point. Mais toutes ces offensives sont plutôt mal organisées et se soldent par des échecs.

D’ailleurs, la participation d’un certain nombre d’aventuriers et de partisans de l’assimilation du Haut-Canada par les États-Unis joue en faveur des ennemis des réformes radicales.

En 1840, trois ans après les rébellions, les deux Canada sont réunis en une seule province par l’Acte d’Union. Cependant, cette nouvelle entité politique est instable et déchirée par des intérêts régionaux. Finalement, en 1867, la Confédération canadienne est formée.