La guerre entre les États-Unis et la Grande-Bretagne éclate le 18 juin 1812. Cette fois, en raison des distances, les Canadiens apprennent la nouvelle une semaine avant l’Europe, car la déclaration de guerre est annoncée à Washington.

C’est pourquoi les hostilités débutent au Canada presque immédiatement. En effet, c’est le 23 juin, cinq jour après la déclaration de guerre, qu’une frégate britannique échappe par miracle à l’attaque d’un navire américain dans la baie d’Hudson. Les Britanniques doivent toutefois jeter par-dessus bord tout leur chargement. Ce sont les premières pertes matérielles des Anglais.

Mais ils se vengent rapidement: le 2 juillet 1812, le navire américain Cuyahoga remonte la rivière Détroit après avoir effectué une patrouille sur le lac Érié. Les témoignages varient. Selon une version, le navire s’échoue sur les rochers. D’autres disent que ce sont les Britanniques qui abordent le bâtiment. En tout cas, le Cuyahoga est saisi et son équipage est fait prisonnier.

Cet incident serait insignifiant si les Britanniques n’avait pas découvert dans la cabine du capitaine le journal et des dizaines de lettres du général américain William Hull, gouverneur du Michigan et commandant des forces américaines. Il est alors à la tête de 2500 soldats qui marchent en direction du Fort Détroit avec l’intention d’utiliser le site comme base pour l’invasion du Haut-Canada.

L’histoire de la découverte des lettres du général Hull est étonnante:

Quand le général Hull arrive à Détroit le 5 juillet, il apprend que ses papiers sont aux mains de l’ennemi. Il envoie alors un parlementaire aux Canadiens pour leur demander la restitution de ses lettres et de son journal intime. L’officier canadien, assez surpris par cette demande, répond qu’il ne peut prendre de décision sans l’autorisation du haut commandement.

Une fois le parlementaire parti, l’officier, qui n’avait pas encore examiné la correspondance du général américain, se précipite dans la cabine du capitaine, trouve les lettres et en les parcourant, découvre les plans de la campagne américaine dans le Haut-Canada pour l’été 1812.

Les lettres sont immédiatement envoyées à l’état major des forces britanniques. Le plus étrange dans cette histoire est que les Américains ne changent pas leurs plans. Ainsi, les mouvements des forces américaines sont connus à l’avance par l’adversaire, qui peut agir en conséquence.

Et le brave général Hull de s’étonner que les Canadiens puissent avoir des forces suffisantes pour faire face aux colonnes américaines chaque fois que celles-ci essaient d’avancer…

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