Les premiers humains viennent s’installer sur l’île de Vancouver il y a environ 6 mille ans avant J.C. Au moment de l’arrivée des Européens, vers le XVIIIe siècle, ces terres étaient occupées par les tribus des Nuu-chah-nulth (ou Nootka), sur la côte ouest de l’île, par les peuples Salish dans le sud et l’est, et par les Kwakiutl, qui résidaient dans le centre et au nord de l’île.

Vers la seconde moitié du XVIIIe siècle, des pêcheurs et des négociants russes venaient sur l’île à partir de leurs postes de traite et depuis des forts militaires situés en Alaska, qui appartenait alors à la Russie. Toutefois, l’Espagne fut la première à dresser les cartes de l’île, en 1774. Le premier navire espagnol, le Santiago, commandé par le capitaine Juan José Pérez Hernández, l’a contourné et a dressé des cartes géographiques de ses côtes.

Le célèbre capitaine anglais James Cook, lors de son troisième voyage, envoya une expédition dans la baie de Nootka le 31 mars 1778. Il la déclara possession britannique, peu de temps avant de se rendre dans le sud du Pacifique, d’être pris pour un sandwich et de se faire dévorer par les insulaires. Puis ce sont encore les Espagnols qui explorent l’île en 1789. Cette fois, le capitaine Esteban José Martínez érige le Fort San Miguel près de Yuquot, une bourgade amérindienne.

Notons que le Fort San Miguel sera le seul poste espagnol sur le territoire du Canada actuel.

Les Espagnols étaient attirés par l’or qu’ils espéraient trouver dans cette région du continent. Ils explorèrent des anses abritées de la côte océanique de l’île et y mouillèrent souvent leurs navires.

Les Espagnols capturaient parfois des pêcheurs britanniques, ce qui aurait pu provoquer une guerre entre les deux nations. Mais, en 1792, la convention de Nootka est signée et l’île est cédée aux Britanniques. La convention a été rédigée par le capitaine George Vancouver, et l’île a été baptisée en l’honneur de cet habile marin et diplomate (George Vancouver avait navigué comme matelot avec James Cook dans cette région, mais étant très prévoyant, il n’a pas suivi le capitaine Cook dans son voyage chez les aborigènes des îles Sandwich, et il ne s’est pas fait manger).

La première colonie britannique sur l’île de Vancouver est créée par la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1843. C’était le fort Camosun, qui devient un peu plus tard un centre important d’approvisionnement d’outils et de marchandises, ainsi qu’une halte lors de la ruée vers l’or du Fraser. Une ville naît à cet emplacement, est incorporée en 1862, et reçoit le nom de Victoria.

Vers la fin du XIXe siècle, les colons britanniques explorèrent la forêt touffue de l’île, mais ils durent renoncer dans la plupart des cas à défricher ces terres.

Même si les rêves d’or et de fermes agricoles prospères ont été écartés, l’exploration des véritables richesses de la région a commencé dans les années 1950, avec la construction des routes pavées.