En juin 1812, au début de la guerre entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, les forces armées régulières américaines se composaient de 8 mille soldats et officiers. Ces militaires, regroupés en petites unités, se retrouvaient sous le commandement des vétérans de la guerre de l’indépendance qui avait fini 30 ans auparavant. On peut alors calculer l’âge des officiers.

Selon la loi, la milice, soit les paysans qui devaient servir de temps à autre, ne pouvait être employée hors des frontières de l’état correspondant. Les armes de la milice étaient plutôt dangereuses pour les miliciens qui les utilisaient. La préparation militaire des miliciens était nulle ou presque.

Ni les soldats réguliers, ni les miliciens américains, n’avaient d’expérience au combat, à de rares exceptions près: en effet, certains militaires avaient combattu contre les tribus indiennes dans des luttes de guérillas, qui n’ont cependant rien à voir avec les tactiques utilisées dans les grandes batailles.

Encore plus important, les États-Unis n’étaient pas prêts à la guerre, malgré la tension montant depuis 1804. Peu importaient les appels belligérants lancés par des “War Hawks” (ce terme qui désigne les partisans des solutions de force, naît précisément à l’aube de la guerre de 1812 et caractérise le groupe des partisans de la guerre au Congrès américain).

Personne aux États-Unis ne se soucie d’armement moderne, ni de l’apprentissage des tactiques et stratégies conçues et développées par Lazare Carnot, Gauche, Napoléon et tellement d’autres personnages s’étant illustrés dans l’histoire des guerres révolutionnaires et napoléoniennes en Europe.

Les forces armées britanniques, quant à elles, étaient encore moins nombreuses. Il y avait 5 mille soldats et officiers le 18 juin 1812, jour de la déclaration de la guerre.

Cependant, malgré l’infériorité numérique, les Britanniques au Canada étaient beaucoup mieux armés. Un grand nombre des soldats et d’officiers avaient servi dans les guerres en Europe, aux Indes ou aux Antilles. Ils savaient comment se tenir sous le feu des canons et les salves de centaines de fusils. Ils étaient commandés par des officiers ayant beaucoup d’expérience.

Les milices canadiennes étaient également relativement bien armées et commandées par des officiers expérimentés.

D’ailleurs, même si la Grande-Bretagne était engagée dans la guerre continentale en Europe et ne pouvait envoyer des ressources suffisantes au Canada, les possibilités de la mobilisation, du déplacement des troupes et du financement de la guerre étaient également en faveur des Britanniques.

Le point faible des Canadiens était représenté par le Bas-Canada (Québec). Les Américains étaient sûrs que les Canadiens français se joindraient au corps expéditionnaire américain aussitôt qu’il aurait traversé la frontière en direction de Montréal.

Une vaste campagne a été organisée par les Américains auprès des Canadiens français pour les soulever contre la couronne. Toutefois, l’opinion publique québécoise est restée indifférente à ces appels. Plus encore, les Canadiens français ont joué un rôle décisif dans la défaite américaine lors des tentatives d’offensive contre Montréal.

Cela s’explique, entre autres raisons, par le conservatisme des Québécois qui préféraient le gouvernement monarchique à un régime républicain, dont ils connaissaient les excès de la bouche des immigrants qui avaient échappé à la terreur de la France révolutionnaire.

La guerre devait éclater d’un jour à l’autre, et personne ne pouvait prédire l’issue de ce conflit.

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