Les corsaires n’ont pas joué un rôle significatif dans l’histoire canadienne, mais dans l’imaginaire des gens, leurs exploits occupent une place importante.

Les corsaires (ou privateers en anglais) étaient respectés par la population à l’époque de la Nouvelle-France et du Canada, de la période initiale de la colonisation, au début des années 1600, jusqu’en 1815, la dernière année d’activité des corsaires.

Les corsaires étaient semblables aux pirates, mais à la différence de ces derniers, qui travaillaient pour leur propre compte, ils avaient le droit d’attaquer les bateaux de pays ennemis en temps de guerre à condition de partager le butin avec le gouvernement de leur pays. Les corsaires n’étaient pas payés par un gouvernement ou une entreprise privée, mais gagnaient une partie du butin des bateaux capturés.

Pour s’attaquer aux bateaux ennemis, les corsaires devaient posséder une Lettre de Marque, c’est-à-dire une autorisation qui leur donnait le droit d’armer leur navire. Pour obtenir cette lettre de Marque, le candidat devait se soumettre à une enquête de la part du gouvernement et passer par un processus long et compliqué. D’ailleurs, en Angleterre, pour devenir corsaire, on devait laisser une caution de mille livres au cas où la conduite de l’intéressé ne correspondrait pas aux attentes.

Les Français avaient beaucoup de corsaires à leur solde à toutes les périodes du régime français. Pour les Anglais, la Nouvelle-Écosse a fourni un nombre impressionnant de navires corsaires dans la lutte contre la Nouvelle-France et, avant tout, contre les Américains au cors de la guerre de 1812, quand des corsaires canadiens, originaires de Nouvelle-Écosse, ont effectué un blocus des ports américains. Ils ont capturé des douzaines de navires américains. La Nouvelle-Écosse était d’ailleurs une base idéale pour les corsaires grâce à sa position géographique qui lui permettait de contrôler l’accès à la Nouvelle-France et aux États-Unis.

Quant au Québec et à l’île du Prince-Édouard, les corsaires locaux devaient parcourir de longues distances avant de quitter le golfe du Saint-Laurent. Le Nouveau-Brunswick, quoique ayant les mêmes avantages géographiques que la Nouvelle-Écosse, était très jeune et très peu peuplée pour s’engager dans l’entreprise. Cependant les trois colonies, le Québec, l’île du Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, ont délivré des dizaines de licences aux corsaires qui se limitaient à la défense des villes côtières.

Quant aux pirates canadiens, c’est une autre histoire. À Terre-Neuve, on se souvient du terrible pirate Peter Easton et au Yukon, on vous parlera du redoutable “Mad Trapper”, mais nous reviendrons sur la sanglante histoire des pirates canadiens une autre fois.