Il est trop tôt pour écrire l’histoire de la guerre d’Afghanistan qui semble encore bien loin de s’achever. On peut toutefois résumer quelques faits reliés à la participation des forces canadiennes.

C’est le 7 octobre 2001 que Jean Chrétien, premier ministre du Canada, annonce que le pays enverra ses troupes en Afghanistan pour aider la communauté internationale dans sa lutte contre le terrorisme. Dans son discours, M. Chrétien souligne que les Forces armées canadiennes seront envoyées pour une période de deux ans, mais il laisse entendre que ce délai pourra être prolongé en cas de besoin.

Au début du mois de décembre, les 40 premiers combattants canadiens débarquent en Afghanistan. Ils font partie d’une unité de troupes spéciales qui combattent immédiatement. Vers le milieu du mois de janvier 2002, le premier contingent de troupes régulières, composé de 700 soldats membres du régiment de l’infanterie légère Patricia, rejoint ses frères d’armes.

La première opération d’envergure à laquelle participent, entre autres, ces deux unités, a lieu en mars 2002. Il s’agit de l’opération Anaconda, dont le but est de déloger les forces talibanes et Al-Qaida de la province de Paktia, dans l’est du pays. L’opération, menée à bien par les forces de plusieurs pays, est un succès: d’importants dépôts d’armes sont découverts et confisqués, des dizaines de combattants ennemis sont tués ou capturés, de vastes régions sont libérées. Les Canadiens n’ont pas souffert de pertes humaines.
 
Le 18 avril 2002, un avion bombardier américain F16 laisse tomber une bombe guidée par laser sur un groupe de Canadiens qui sont en train de s’entraîner près de Kaboul, tuant quatre soldats. Ce sont les premiers Canadiens morts au combat depuis 1953, lors de la guerre de Corée.

En Février 2006, les Forces canadiennes prennent le commandement des opérations militaires dans la province de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan. C’est l’une des régions les plus dangereuses du pays (en Russie le mot «kandahar» est devenu synonyme de stress et de malheur depuis la guerre d’Afghanistan perdue par l’URSS en 1989).

La zone la plus active des partisans des Talibans se trouve alors dans la région du Panjwayi, à l’ouest de la province. En mai 2006, les Canadiens, les Américains, les Britanniques et les troupes gouvernementales afghanes, soit près de 10 mille soldats alliés, prennent part à l’offensive Mountain Thrust contre le Panjwayi. Ils détruisent plusieurs bases terroristes mais ils ne réussissent pas à repousser les forces talibanes de la région.

C’est lors de cette offensive que le capitaine Nichola Goddard perd la vie. Elle est la première femme militaire canadienne morte au combat.

Le 12 juillet 2006, 2 mille Canadiens, Néerlandais, Danois, Américains et Britanniques, ainsi que des soldats de l’Armée nationale d’Afghanistan, reprennent l’offensive pour chasser les Talibans de la ville de Panjwayi. Les Canadiens dirigent cette opération qui a été baptisé Medusa.

Le lendemain, on compte plus de 200 Talibans tués. L’offensive se poursuit jusqu’àu 18 septembre. Environ mille Talibans sont tués.

Les pertes parmi les forces alliées sont importantes. Plus de cent soldats tombent lors de l’offensive, dont 16 Canadiens. Malheureusement, le 4 septembre 2006, un avion américain A-10 Thunderbolt-II, appelé à l’aide par les fantassins canadiens, les attaque par erreur. Un soldat est tué.

Comme nous l’avons dit au début de cet article, il ne s’agit pas d’une histoire de la guerre d’Afghanistan, qui se poursuit toujours. Les faits cités sont reliés aux 5 premières années de ce conflit.