Le 26 avril 1813, la flotte américaine, avec le général Henry Dearborn, commandant en chef des troupes américaines, ainsi qu’environ 2 mille soldats, s’approchent du village de York, actuelle Toronto, capitale du Haut-Canada. Au total, la flotte compte 14 navires.

De 700 à 900 résidents habitent à York. De plus, la localité abrite 300 soldats britanniques et 300 miliciens canadiens et guerriers amérindiens, alliés de la Grande-Bretagne.

C’est le général en chef Roger Hale Sheaffe qui est à la tête de la défense de la capitale.

Les Américains décident de débarquer à quelques kilomètres à l’ouest du village, dans le lieu où se dressent les vestiges du Fort Rouillé, fondé par les Français à l’époque de la Nouvelle-France et abandonné depuis des décennies.

Un groupe de cent soldats du régiment Glengarry d’infanterie légère et des Amérindiens essaient de faire front, mais le débarquement est réussi et les Américains se dirigent vers York en suivant les sentiers de la forêt qui séparent l’ancien fort et le village. Les défenseurs sont dispersés.

Une autre compagnie britannique essaie d’arrêter les envahisseurs. Il s’agit de la compagnie des Grenadiers du 8e régiment d’infanterie. Mais ces soldats sont habitués à la guerre à l’européenne, où les adversaires se confrontent en bataille ouverte sur de vastes plaines. Ici, dans la forêt, les Britanniques sont désemparés. Plusieurs s’écrient: Montrez-nous l’ennemi, où est-il? À ce moment, les Américains, bien cachés dans les arbres, attaquent la compagnie sans rencontrer de résistance. Sur 119 hommes, 30 sont tués en quelques minutes, et les autres sont faits prisonniers. Le commandant de la compagnie, le capitaine Neal McNeale se trouve parmi les morts.

Les Américains continuent à avancer. Ils portent à dos d’hommes deux canons capables de tirer des boulets de 2.5 kg (6 livres). Auparavant, personne n’a encore réussi à passer un seul canon à travers une forêt pleine de ravins. Six navires américains commencent à bombarder les positions britanniques. Une des deux batteries explose et plus d’une dizaine d’hommes sont tués. La seconde tombe aux mains des attaquants une demi-heure plus tard.

Le général Sheaffe donne l’ordre à ses troupes de se replier à l’intérieur des murs du village. Il laisse des dizaines de miliciens canadiens à l’arrière. Ceux-ci ne reçoivent pas d’ordre de retraite et doivent donner le temps aux soldats d’entrer dans le village.

À ce moment, un dépôt de munitions britanniques explose. Des douzaines de soldats des deux côtés sont tués et blessés. Le brigadier Zebulon Montgomerry Pike, qui commandait les troupes d’assaut, se trouve parmi les victimes.

Les miliciens qui défendaient les positions d’avant-garde de York se rendent finalement. Et c’est la première reddition des Canadiens.

Maintenant, c’est le tour de York. Le général Sheaffe fait évacuer le village. Les troupes se replient vers Kingston. York se rend et est pratiquement détruite par les Américains qui l’occupent jusqu’au 8 mai. Ce jour-là, ils abandonnent le village en ruine.

La Bataille de York est la première victoire des Américains lors de la guerre de 1812-1814. Sa signification fut énorme. La destruction de la capitale du Haut-Canada a soulevé le moral des troupes et a redonné l’espoir de la victoire aux Américains.

York est reconstruite après la guerre. En 1834, elle change de nom et devient Toronto.

Les Britanniques et les Canadiens auront leur revanche en 1814. En août, ils seront vainqueurs de la bataille de Bladensburg, dans l’état du Maryland. Ensuite, ils occuperont la ville de Washington, qu’ils incendieront. Le Capitole, la Maison Blanche, les ministères des finances et de la guerre, les chantiers, la rédaction du journal gouvernemental, tout est brûlé pour venger la destruction de la capitale du Haut-Canada. Le président James Madison s’échappera par miracle.

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