Après les premiers mois de la guerre de 1812, il semblait incroyable pour les Américains qu’un grand pays ayant une population de 8 millions d’habitants puisse perdre toutes les batailles contre un pays rassemblant 300 mille résidents ou moins.

En effet, vers la fin 1812, les territoires du Michigan, de l’Indiana et de l’Ohio étaient sous le contrôle des Amérindiens, alliés des Britanniques et guidés par eux et les Canadiens.

Le général William Henry Harrison fut donc nommé commandant en chef des forces américaines qui combattaient le Canada. C’était un militaire connu pour sa campagne victorieuse contre la Confédération de Tecumseh, en Indiana, en 1811. Ce général commence les hostilités contre le Canada en s’en prenant aux Indiens. Puis, vers le début du mois de janvier 1813, les troupes américaines avancent vers le Fort Détroit, occupé par les Britanniques, et arrivent sur les rives de la rivière Maumee, qui coule au sud du Michigan.

Le lieutenant colonel Henry Procter, commandant des troupes canadiennes et britanniques sur le front ouest, conscient du danger, donne l’ordre de ne rien laisser aux troupes ennemies qui devront affronter les rigueurs de l’hiver sans aucun abri. Alors, les Canadiens et leurs alliés amérindiens commencent à brûler tout ce qui peut servir aux Américains comme refuge.

Le 14 janvier 1813, un groupe de milice canadienne et des Amérindiens brûlent le village de Frenchtown, situé sur la rive nord de la rivière Raisin et composé d’environ 20 maisons. Le général américain James Winchester, chef des forces américaines dans cette région, en apprenant la nouvelle décide de chasser les ennemis qu’il évalue à 200 combattants.

Pas moins de 500 américains s’approchent du village, le 18 janvier, et réussissent à pousser les Canadiens hors de la localité après un combat de trois ou quatre heures.

Le commandement britannique répond en envoyant d’autres troupes. Les Américains envoient également des renforts. Le 22 janvier, environ 4 mille soldats s’affrontent dans une longue bataille qui dure de l’aube jusqu’à la nuit.

Plusieurs témoignages affirment que les soldats américains n’avaient rien fait ou presque pour fortifier leurs positions, et que plusieurs d’entre eux avaient bu pendant 4 jours, célébrant leur victoire du 18 janvier, malgré les tentatives de leurs officiers de rétablir l’ordre. L’ébriété des combattants a contribué d’une façon décisive à une nouvelle défaite des Américains.

Vers la fin de la journée du 22 janvier 1813, environ 400 Américains trouvèrent la mort lors de la bataille et 700 autres furent capturés. Le lendemain, les guerriers amérindiens tuent et scalpent 70 prisonniers avant que les Britanniques n’empêchent le carnage.

Les troupes américaines se retirent à l’intérieur de leur pays et se barricadent près des sources de la rivière Maumee, où ils érigent le Fort Meigs pour passer le reste de l’hiver. Les Britanniques ne font rien pour les en empêcher, peut-être par manque de ressources.

La campagne d’hiver se termine sans autres combats importants. Cependant, les deux parties ont consacré tous leurs efforts à la construction de vaisseaux qui entreront en opération au printemps, et qui vont décider du dénouement de la guerre sur les eaux des Grands Lacs.