Après la Bataille de Duck Lake, tous les espoirs de résoudre cette situation sans violence se sont évanouis. Une semaine plus tard, le 2 avril 1885, Esprit Vagabond (Wandering Spirit) de la tribu du chef Grand Ours (Big Bear) soulève des rebelles de la tribu contre les Blancs. Les Cris tuent neuf habitants du village de Frog Lake, dont deux prêtres catholiques.

Le major-général Frederick Dobson Middleton, commandant des forces envoyées par le gouvernement canadien, ayant une longue expérience de service militaire en Inde, considère que c’est seulement par une bataille décisive qu’il pourra détruire la rébellion. Il établit ses quartiers dans le village de Qu’Appelle et décide d’avancer le 6 avril vers Batoche, «ville de Dieu» selon Riel et siège du gouvernement provisoire des Métis, distante de 300 kilomètres 

Gabriel Dumont, chef militaire des Métis, est conscient qu’il ne pourra vaincre les forces canadiennes lors d’un affrontement direct. Il choisit donc de monter une campagne de guérillas pour déstabiliser ses adversaires, même si les Métis, qui ont leur propre conception du courage, exigent une confrontation ouverte.

Lors de leur avancée vers Batoche, les forces de Middletown sont rejointes par un grand nombre de volontaires qui sont en colère contre les Métis et les Amérindiens. De plus, deux bataillons des forces régulières de la province de Québec, qui se trouvent à Calgary, sont envoyés pour aider Middleton.

Le général divise ses troupes en trois colonnes. Il commande la colonne qui avance directement sur Batoche, tandis que les deux autres se préparent à encercler la ville. La colonne de Middleton compte environ 800 hommes.

Gabriel Dumont décide de faire front à Fish Creek, une localité située à 75 kilomètres au nord de l’actuelle ville de Saskatoon. Il place ses hommes le long d’une pente boisée et attend l’ennemi.

Le 9 mai 1885, les Métis qui occupent les collines ouvrent le feu. Les troupes de Middleton essaient de contre-attaquer, mais en vain. La pluie commence à tomber. Aussi les Canadiens se retirent-ils après environ quatre heures de combats.

Dix soldats sont tués, ainsi que quatre Métis. Il y a donc peu de pertes des deux côtés, mais c’est une première victoire pour les Métis, qui se croient désormais invincibles. En effet, près de 200 Métis participèrent à cette bataille, contre 800 ou 900 soldats et miliciens gouvernementaux.

Si le général Middleton avait pu savoir que lorsqu’il donna l’ordre de battre en retraite, les Métis avaient épuisé presque toutes leurs munitions, le sort de la bataille aurait peut être été différent. Mais ce n’est que partie remise…