Le 19 mars 1885, Louis Riel, Gabriel Dumont et un groupe de Métis partisans de l’insurrection armée établissent le Gouvernement provisoire de Saskatchewan. Louis Riel est le chef politique et spirituel du gouvernement, alors que Dumont est nommé commandant en chef des forces militaires. Le même jour, le nouveau gouvernement envoie des émissaires auprès des chefs cris Poundmaker et Big Bear pour les inviter à rejoindre les Métis. Mais les deux chefs refusent de participer à la révolte, même s’ils n’empêchent pas les autres Amérindiens de se joindre aux rebelles.

Le 21 mars, les Métis demandent la reddition de Fort Carlton. Les résidents du village répondent avec la promesse d’ouvrir le feu contre leurs adversaires en cas d’attaque.

Le 26 mars, une escarmouche a lieu entre un groupe de Métis dirigés par Gabriel Dumont et une patrouille de la North-West Mounted Police (NWMP). La police tente de confisquer les munitions et les armes qui se trouvent dans le village de Duck Lake, alors occupé par des Métis et des Cris.

Les pourparlers commencent entre les deux parties. Un Métis exige qu’un interprète rende son fusil lors des négociations, mais celui-ci refuse. Alors le Métis saisit ce fusil, mais l’interprète en colère sort un pistolet et tue deux Métis. La bataille commence. 

Cet épisode est resté dans l’histoire du Canada sous le nom de Bataille de Duck Lake, à laquelle participent environ 200 personnes des deux côtés.
 
Six ou huit Métis (dont le frère de Gabriel Dumont) meurent lors de l’affrontement, ainsi que douze opposants. Gabriel Dumont est blessé, mais il ordonne de poursuivre les troupes canadiennes en retraite et de les achever. Louis Riel, qui est présent, s’oppose à cet ordre et promet que le sang ne coulera plus. Il considère que cette victoire est un signe de Dieu, qui soutient les actions des Métis.

Cependant, une partie des colons anglophones qui éprouvaient une certaine sympathie pour la cause des Métis avant cette bataille, prennent maintenant leur distance avec les insurgés.

Louis Riel est persuadé que le gouvernement fédéral sera incapable de réagir et qu’il sera forcé de s’asseoir à la table des négociations. Cette stratégie avait d’ailleurs fonctionné lors de la rébellion de la Rivière Rouge en 1870.

Mais tout prophète qu’il soit, Riel n’est pas un devin, et il se trompe. Si, en 1869, les troupes canadiennes ont pris 3 mois pour se rendre jusqu’au lieu de la rébellion, cette fois le chemin de fer du Canadien Pacifique est déjà en service. Alors, les troupes régulières canadiennes et la milice, commandées par le major-général Frederick Dobson Middleton, arrivent à Duck Lake le 1er avril 1885, moins de deux semaines après la proclamation du gouvernement provisoire.