Après la prise le 27 mai 1813 du Fort George, situé sur le territoire de l’actuelle ville de Niagara-on-the-Lake, les Américains pensent remporter facilement la guerre d’invasion du Canada.

Cependant, les Britanniques et les Canadiens n’envisagent pas de déposer les armes. Ils mettent d’abord en déroute leurs adversaires lors de la Bataille de Stoney Creek, le 6 juin 1813, puis ils repoussent les Américains qui avaient envahi le Haut-Canada. Le gros des troupes britanniques et canadiennes se concentre alors près de Beaver Dams afin de reprendre le Fort George.

Le 23 juin 1823, environ 500 soldats américains, commandés par le colonel d’infanterie Charles G. Boerstler, quittent le Fort George pour une attaque surprise sur Beaver Dams. Les troupes sont composées de 4 compagnies d’infanterie, de dragons et de miliciens. Ils disposent de deux canons légers de campagne.

Les soldats partent sous une forte pluie et les canadiens ne s’aperçoivent pas de la manœuvre. Toutefois, le guide américain Cyrenius Chapin, qui avait juré connaître parfaitement la région, se perd en chemin. Après une marche pénible de près de 24 heures, les soldats n’avancent que de 11 kilomètres, pour arriver finalement à Queenston où ils décident de passer la nuit. Les officiers occupent la maison de James Secord, capitaine de la milice canadienne, blessé gravement lors de la bataille de Queenston Heights en 1812 et incapable de marcher.

La femme du capitaine, Laura Secord, entend les officiers parler de l’attaque prévue pour le lendemain. Mme Secord parcourt alors à pied plus de 30 kilomètres pour informer les Britanniques du danger qui les menace.

Le lieutenant James FitzGibbon, commandant du poste de Beaver Dams, reçoit la confirmation de cette attaque imminente par d’autres sources, dont les Mohawks et ses propres éclaireurs. Il prépare donc ses 50 soldats réguliers et 100 à 200 Mohawks pour la bataille.

Le matin du 24 juin 1813, les Américains reprennent la route, mais en chemin ils se heurtent aux Mohawks. Le colonel Boerstler est blessé et des dizaines d’Américains périssent sous les balles des meilleurs chasseurs indiens. Ensuite, le lieutenant FitzGibbon envoie un parlementaire qui propose la reddition aux Américains. Le parlementaire affirme que les 500 Américains sont encerclés par 2 mille Indiens et Britanniques (qui étaient en fait moins de 250). Selon plusieurs sources, c’est le lieutenant FitzGibbon lui-même qui fait la démarche, selon d’autres, il a envoyé un parlementaire.

Toujours est-il que le colonel Boerstler se laisse persuader et ordonne la capitulation de ses 500 hommes. Le lieutenant FitzGibbon dira plus tard: “aucun tir n’est parti de notre part. Ce sont les Indiens qui ont tiré quelques salves, rien de plus. Alors, je ne sais pas pourquoi l’honneur de cette victoire me revient toujours quand on en parle…”.

Une modestie louable, mais c’est FitzGibbon qui a organisé ses unités et a commandé toute l’action. Une soixantaine d’Américains y trouvèrent la mort, ainsi que cinq guerriers Mohawks.

Notons finalement que la bataille de Beaver Dams est l’une des plus célèbres au Canada grâce au rôle joué par Laura Secord, héroïne nationale canadienne.