La bataille d’Amiens commence le 8 août 1918. Ce fut «le jour noir de l’armée allemande», selon le général allemand Erich Ludendorff. En France par contre, la période allant du 8 août jusqu’au jour de l’armistice, le 11 novembre 1918, est appelée «les cent jours du Canada», honorant ainsi le rôle des Canadiens dans cette dernière grande bataille de la Première guerre mondiale.

En mars 1918, les Allemands attaquent le flanc droit du corps expéditionnaire britannique en France. La Seconde bataille de la Marne commence (en Allemagne on appelle cette offensive Kaiserschlacht – Bataille du Kaiser). Le général Ludendorff réussit à percer les lignes alliées et à avancer de quelques kilomètres. Mais finalement, les forces allemandes sont arrêtées et cette bataille prend fin le 18 juillet 1918.

Les Alliés décident alors de lancer une contre-offensive en profitant de l’épuisement de l’ennemi. La ville d’Amiens, située à environ 120 kilomètres au nord de Paris, est choisie comme lieu de l’attaque.

La planification de la bataille d’Amiens est rapide, mais très bien faite. Pour la première fois dans la longue histoire des conflits armés qui animent notre charmante planète, des photos aériennes permettent de composer de vastes cartes et des plans détaillés du territoire. Toutes les voies de ravitaillement des troupes allemandes sont détectées, et les distances calculées avec précision.

Les Alliés réussissent à tromper les Allemands en faisant semblant d’envoyer les unités canadiennes vers les Flandres, alors qu’en réalité 4 divisions canadiennes sont positionnées autour d’Amiens sans être remarquées par l’ennemi.

Cependant, les forces allemandes s’attendent à une offensive, car c’est une action logique après l’échec de Kaiserschlacht. Mais la région d’Amiens ne figure pas sur les quatre points possibles d’attaque alliée envisagés par l’État-major allemand.

Le 8 août 1918, la région d’Amiens est plongée dans le brouillard. À 4 heures du matin, les Canadiens, appuyés par les Britanniques et les Australiens, se lancent à l’attaque en silence et sans aucun feu d’artillerie, afin de créer un effet de surprise. À 5 heures, les Français se joignent à l’offensive.

Vers midi, la bataille fait rage. Les Canadiens sont aux premières lignes des combats, avançant derrière un épais barrage de feu d’artillerie. Les Allemands utilisent des gaz, mais les masques de protection sont efficaces. En outre, les vents soufflent vers le nord, où se trouvent les réserves allemandes, aussi les gaz sont-ils finalement peu employés.

Quand la nuit tombe, les Canadiens ont avancé de 5 kilomètres. En cours de route, ils réussissent à capturer des allemands qui prenaient leur petit-déjeuner, se croyant en sécurité à une telle distance du front.

Le 8 août 1918, les Allemands perdent 30 mille soldats, dont 16 mille sont faits prisonniers. C’est la plus grande défaite que l’Allemagne ait connu en une seule journée au cours de la Première guerre mondiale.

L’offensive se poursuit. Le 11 août 1918, les Allemands abandonnent la région d’Amiens, mais la bataille se prolonge 95 jours de plus, pendant lesquels les Canadiens consolident leurs positions et détruisent les dernières unités de réserve allemandes envoyées en secours. Au total, les pertes allemandes sont de 75 mille hommes. Les Alliés perdent environ 20 mille soldats et officiers, dont 15 mille Canadiens.

Finalement, l’Allemagne signe l’Armistice le 11 novembre 1918, reconnaissant sa défaite.