La base des Forces aériennes canadiennes de Goose Bay naît en 1941, quand les forces alliées décident de fonder une base de ravitaillement pour les convois à destination de l’Europe, pendant la Seconde guerre mondiale.

En 1940, William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada, et Sir Humphrey T. Walwyn, gouverneur de Terre-Neuve, avaient décidé d’un commun accord (Terre-Neuve ne faisait pas encore partie du Canada) de construire des bases militaires à Terre-Neuve et au Labrador pour faciliter les communications avec l’Europe via le Groënland et l’Islande.

Un employé du ministère canadien des Mines et des ressources naturelles, M. Eric Fry, choisit donc une zone de l’embouchure de la rivière Goose, un plateau recouvert de sable, comme lieu de la future base. La piste et les installations y sont construites en quelques mois. Tout près, dans le bassin Terrington, on construit un port militaire.

Les premières opérations de la base datent du 16 novembre 1941. À cette époque, plus de 3 mille militaires s’y trouvaient. Le premier avion militaire y aterrit le 9 décembre 1941.

Le 31 mars 1949, Terre-neuve devient une province canadienne. Le Canada donne l’autorisation aux États-Unis de maintenir la base de Goose Bay comme centre aérien de premier ordre. Dans les années 1950, Goose Bay devient une base pour les bombardiers nucléaires américains.

En novembre 1950, un bombardier B-50, en route de Goose Bay vers la base de Davis-Monthan, en Arizona, se voit obligé de jeter et de faire exploser trois bombes atomiques au-dessus de Saint-André-de-Kamouraska, au Québec. Évidemment, il ne s’agit pas d’explosions nucléaires, les bombes n’étant pas chargées. Ces faits ont été reconnus par le gouvernement canadien en 2000.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, la base de Goose Bay est l’un des plus importants sites de la défense du territoire canadien contre les incursions régulières des bombardiers soviétiques. En effet, ces derniers réalisent des vols d’essai, s’approchant des frontières canadiennes en essayant de découvrir quels sont les délais de réaction des Canadiens, ainsi que leurs possibilités de détection d’appareils aériens soviétiques.

En 1988, on ferme le site du radar Pinetree Line et une grande partie du personnel militaire quitte la base. Depuis les années 1990, c’est le Canada qui gère la base. Plusieurs pilotes britanniques, allemands, italiens et d’autres nationalités s’y entraînent dans le cadre des programmes de l’OTAN.

Vers la fin du XXe siècle, le personnel permanent de la base de Goose Bay est réduit à environ 100 personnes. Quelques pays utilisaient ses installations pour entraîner leurs pilotes de combat.

Aujourd’hui, la base aérienne des Forces aériennes canadiennes fait également partie des plans de réserve de la NASA. En cas de situation d’urgence, une navette spatiale peut atterrir sur sa piste qui possède le matériel de guidage nécessaire.

Notons que de petits avions civils utilisent les services de la base, mais la section civile est connue sous le nom d’aéroport de Goose Bay (Goose Bay Airport).

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