Histoire

Une centaine de familles françaises s’installent en Acadie autour de Grand Pré, sur les rives de la Baie de Fundy (anciennement appelée Baie française). Leur nombre augmente pour atteindre plus de 15000 membres en 1755. Cette région est fortement convoitée et elle devient britannique en 1713. Les Acadiens, qui souhaitaient rester neutres dans le conflit qui oppose la France à l’Angleterre sont bientôt obligés par le gouvernement de cette dernière à prêter allégeance à la Couronne d’Angleterre.

En 1755, Charles Lawrence, gouverneur britannique, déporte les familles de Nouvelle-Écosse vers les colonies américaines pour les remplacer par des colons anglo-américains. Cet acte, le Grand Dérangement, a modifié définitivement la composition des provinces maritimes. Certains se réfugient à l’Île Saint Jean, d’autres près de Québec. On leur permettra de revenir en 1764 en Nouvelle Écosse, à la condition qu’ils se dispersent.

Aujourd’hui, les francophones se concentrent au Cap Breton, notamment sur l’Isle Madame (au large du Cap Breton), et sur la côte sud de la province dans la zone de Baie Sainte Marie, ainsi qu’à Halifax. Ils se trouvent notamment en grand nombre dans les villes de Clare, Argyle, ainsi qu’à Chéticamp.

Espace linguistique

La communauté acadienne et francophone de la Nouvelle-Écosse comptait, en 2006, 32 940 personnes ayant le français comme première langue officielle parlée. Les Acadiennes et Acadiens de la province se concentrent dans deux régions, le Cap-Breton et la côte du sud de la province. Ils forment une proportion appréciable de la population à plusieurs endroits : ils sont majoritaires dans la municipalité de Clare et forment plus de 40 % de la population d'Argyle et de la portion nord d'Inverness. La région métropolitaine d'Halifax compte quant à elle plus de 10 000 francophones.

L’histoire complexe de l’Acadie fait que le français dans les maritimes n’est pas unifié. Mais malgré certaines différences existant entre les régions d’Acadie, on reconnait deux grands axes pour la langue française en Amérique du nord : l’axe laurentien (variétés québécoises et les parlers de l’ouest du Québec) et l’axe acadien.  Une des hypothèses pour expliquer ces différences est l’origine des colons. Ceux de l’Acadie venaient en majorité du centre-ouest de la France tandis que les immigrants du Québec venaient en majorité de Normandie et d’Île-de-France.

Quelques traits du français acadien :

En acadien, on trouve le phonème h qui permet de distinguer haler et aller. Et on observe une palatalisation des vélaires k et g et des dentales t et d. L’affrication qui est très présente en français québécois est quasi inexistante en Acadie.

En acadie, l’ouisme est assez répandu, c’est à dire que le mot «homme» par exemple est prononcé «oum», et «pommier» est prononcé «poumier».
 
Selon Louise Péronnet (1995 : 417-420), les deux traits principaux sur le plan morphologique sont la terminaison verbale en –ont au présent et –iont à l’imparfait. Ainsi à la 3e personne du pluriel, on entendra : «ils écrivont», «ils mangiont». On notera aussi l’emploi de l'auxiliaire avoir dans les temps composés : «ils aviont venu».

(Péronnet Louise 1995 : «le français acadien» dans Pierre Gauthier et Thomas Lavoie, Français de France et Françcais du canada : les parlers de l’ouest de la France, du Québec et D’Acadie,  Lyon, Université de Lyon III)

On observe aussi des emprunts à l’anglais comme back, well, anyway, but.

L’Université Sainte-Anne offre plusieurs programmes bilingues.

Ressources en français

Presse : Le courrier de la Nouvelle-Écosse

Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE)

Festivals