On ignore la date exacte de l’invention de la raquette à neige. Elle remonte probablement à la préhistoire.

L’homme préhistorique a bien sûr dû être confronté très tôt à la difficulté de se déplacer rapidement sur des terrains enneigés, pour réussir la chasse indispensable à sa survie. Il lui fallait trouver un moyen d’augmenter sa surface portante.

Il a sans doute commencé par s’attacher quelques branches de sapin ou d’épinette sous les pieds. Par la suite, il a perfectionné ce système à l’aide de bois souple disposé en cercle (cadre), et d’une garniture de cuir (treillis) pour poser sa chaussure, il augmente ainsi sa surface portante en largeur et en longueur et la pression sur la neige s’en  trouve divisée.

La raquette est attestée par Strabon, géographe grec ayant vécu approximativement entre 64av.J.C.-25ap.J.C., chez les habitants du Caucase qui attachaient des surfaces plates de cuir sous leurs pieds, et les Arméniens qui utilisaient des surfaces plates en bois.

Les amérindiens quant à eux n’ont jamais utilisé de fixations rigides (assemblage de planchettes de bois) comme on en trouve dans les régions montagneuses de l’Europe attestées par Strabon. Les amérindiens se sont inspirés des traces des animaux qu’ils chassaient pour leurs peaux: la loutre, le castor, le renard, l’ours.

Raquettes à neige, Eastern Snowshoes

Chaque tribu autochtone fabrique ses propres raquettes. Leurs formes sont donc variées: Montagnaises, Huronnes, Objiway, etc. Le treillis varie aussi, il peut être composé de lanières de cuir, de fines peaux de bêtes tendues ou de branches entrecroisées. On distingue 3 formes principales :

- Pattes d’ours : plates et de forme ronde qui rappelle la trace d’un ours pour les terrains boisés et accidentés.
- Algonquines : avant légèrement relevé et cadre en forme de queue de castor ou de poisson, avec une queue assez longue, pour les pistes et espaces découverts.
- Yukon : avant très relevé et de forme étroite et longue, pour se déplacer rapidement sur terrain plat.

Ensuite, les dimensions varient en fonction de la portance nécessaire pour un type de neige (profonde et poudreuse ou tassée), de la topographie du terrain (lacs gelés et forêts:raquettes plus larges, montagnes: raquettes effilées), de l’activité (portage, chasse à la trappe, exploration).

On dit souvent que les “Athapascans”, des amérindiens de la côte ouest, et les Algonquins des régions de l’Outaouais et de la vallée du Saint-Laurent, ont perfectionné la raquette. La raquette dite athapascan  a une forme reconnaissable, sa tête est arrondie ou pointue, la queue pointue, elle a au moins deux traverses de bois et un tressage du treillis.

Traditionnellement, le cadre de la raquette était généralement constitué de deux morceaux de bois de bouleau ou d’épinette, le bouleau étant préférablement utilisé à cause de sa plus grande légèreté. Le treillis lui, est fabriqué en se servant de lanières de peau crue (de caribou ou d’orignal) appelée babiches.

Aussitôt le caribou abattu, les Innus entreprenaient la fabrication des raquettes. En fabricant ses raquettes, l’Innu réconcilie les mondes végétal, animal et humain. Parce que ses raquettes l’aideront à chasser pour nourrir les siens, la langue innue classe le mot asham (raquette) dans la catégorie des mots animés.

La raquette permet de marcher en forêt à l’abri du vent, de traverser un lac sans devoir le contourner et de rattraper le caribou qui, lui, s’enfonce.

Sources des informations : une belle synthèse sur l’histoire de la raquette se trouve à la page : http://www.gvsnowshoes.com/eng/hist_raq.html

Source de la photographie : http://www.telusplanet.net/public/hexaquad/

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