Voici une émouvante légende des Malécites, ou Wolastogiyik, qui habitent au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et au Québec depuis des temps immémoriaux.

Le peuple malécite vivait sur les berges du grand fleuve Woolastook (”Bonne-Rivière”, aujourd’hui la rivière Saint-Jean du Nouveau-Brunswick) et de la rivière de Madawaska (rivière du Porc-Épic). Le village de Petit Sault se trouvait à l’emplacement de l’actuelle ville d’Edmundston, à l’embouchoure de la Madawaska.

Une nuit, des centaines de guerriers iroquois envahissent le territoire malécite. Ils brûlent les maisons du Petit Sault, tuent plusieurs villageois et emportent des prisonniers.

Parmi ceux-ci, ils choisissent une jeune fille du nom de Malobiannah pour leur servir de guide vers Médotec, où vivent d’autres Malécites. Ils arrivent près du fleuve Woolastook et, à la nuit tombée, embarquent dans une flottille de canots d’écorce de bouleau liés ensemble et se laissent emporter par le courant.

Fatigués, les guerriers s’endorment. À une cinquantaine de kilomètre du Petit Sault, un bruit sourd réveille les guerriers, mais la jeune Malobiannah leur fait croire qu’il s’agit de l’Aroostook, un autre cours d’eau qui se jette dans le fleuve avec un grand bruit.

Les guerriers sont rassurés. Mais petit à petit, le grondement s’amplifie. Finalement, ils s’aperçoivent avec horreur que leurs canots se dirigent rapidement vers les chutes Chickuenicgapiok, ou Géant destructeur (aujourd’hui connues comme le Grand Sault). Les guerriers tentent de se sauver, mais il est trop tard.

Le puissant courant entraîne tous les canots dans la cataracte. Semblables à d’immenses plumes d’aigles, les eaux tumultueuses du Grand Sault brisent les canots sur les macabres rochers de granit et dévorent l’armée ennemie.

Tous ont péri, mais Malobiannah se transforma en oiseau et s’envola au-dessus des chutes.

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