Lorsque les Européens se sont installés en Amérique en 1608 avec Champlain, ils ont immédiatement emprunté la raquette aux Amérindiens.

C’était un outil indispensable pour explorer des régions reculées (les explorateurs, les trappeurs, les chercheurs d’or et de pierres précieuses, les commerçants les utilisaient).

Au cours de la période 1763-1775, l’armée royale française s’en est équipée, lors de la fondation de la Nouvelle-France ainsi que lors des batailles contre les “indépendantistes américains” (près des frontières du Québec et au Nord de la Nouvelle Angleterre).

La raquette a ensuite été améliorée, en particulier son poids et sa souplesse, pour faciliter une marche confortable et naturelle. Un cadre de bois plus travaillé et un tamis fait de tressage de “babiche” mince et solide (boyaux de caribou).

Avec l’arrivée de la civilisation urbaine industrielle, les citadins ont un intérêt toujours croissant pour le retour vers la nature pour des activités de sport et de loisir. Le Québec a connu des clubs de “raquetteurs” comptant plus de 200 membres.

Queen of snow
Queen of Snow - Copyright © Courtesy of the Vintage Winter Sports Museum

La raquette connaît aujourd’hui un essor fulgurant tant en Amérique qu’en Europe. Longtemps négligée parce qu’elle essoufflait son utilisateur en quelques heures, la raquette traditionnelle est désormais légère et high-tech.

La raquette à neige a évolué avec des cadres en aluminium au lieu du bois, de la fibre composite, du plastique thermomoulé, elles sont aussi équipées de crampons pour la montagne ou encore d’un treillis synthétique en néoprène ou Hypalon.
On trouve toujours également des raquettes traditionnelles et il existe aussi des raquettes hybrides, entre la traditionnelle et la high-tech.

On peut expliquer ce succès par divers arguments. D’abord les raquettes permettent de découvrir la faune, elles font peu de bruit, et l’hiver, les arbres dénudés laissent mieux voir les animaux. Ainsi la raquette contribue à un état de relaxation et de détente. Elle permet de savourer la nature. De plus, la raquette constitue également une activité physique à faible impact pour les articulations des chevilles et des genoux, tout en dépensant plus de calories à la minute. Marcher dans la neige avec des raquettes est un exercice plus intense que glisser sur une piste ou faire du jogging sur la route.

Toutefois, la raquette à neige reste un exercice d’endurance pour le cœur, les muscles et leurs tendons. Il vaut mieux avoir un minimum de préparation physique avant de se lancer dans une grande randonnée d’une journée. De plus, il faut faire attention aux troncs d’arbre. Ils cachent souvent d’immenses poches d’air. En passant trop près d’un tronc, on peut s’enfoncer jusqu’à la taille. Les bâtons de marche sont alors indispensables. Pour la raquette en montagne, en raison des risques d’avalanche, il est recommandé d’avoir recours à un guide.

Pour choisir ses raquettes, plusieurs critères sont à prendre compte: le poids du raquetteur (incluant le sac à dos), le terrain (en montagne, on optera pour un modèle muni de crampons et d’une fixation qui pivote à 90° par exemple), etc.

Plus elle sera grande et moins vous enfoncerez dans la neige. Par contre, elle sera plus encombrante et moins facile à manoeuvrer. Il faut donc trouver le meilleur compromis en tenant compte de votre grandeur, de votre poids et du terrain que vous comptez parcourir.

Vous pouvez vous aider des informations publiées sur les sites des fabricants de raquettes, comme Faber par exemple.

On peut faire de la raquette un peu partout au Canada. L’Alberta, la Colombie-Britannique offrent des sites exceptionnels. Citons aussi, au Québec, le Parc national des Grands-Jardins, en plein cœur de Charlevoix, sur les rebords du cratère créé par la chute d’un gigantesque météorite. Aux États-Unis, les Adirondacks, le New Hampshire et le Vermont sont des destinations de choix.

Même en ville, à Montréal par exemple, on peut faire de la raquette : Parc Jean Drapeau, Parc de Maisonneuve, Parc Terra Cotta (à Pointe-Claire), Parc d’Oka, Île-des-Soeurs, Parc Angrignon, Parc des Îles-de-la-Visitation, Parc Lafontaine, Parc des Mille-Îles, etc.

Il existe plusieurs livres intitulées guides de la raquette, répertoriant les sentiers et leurs difficultés respectives.

Source de la photographie:  Vintage Winter Museum

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