Les Wendat appelés aussi aux États-Unis les Wyandots sont une Première Nation de langue iroquoienne, originaire du sud de l’Ontario, au Canada.

Le nom indien de la nation, Wendat signifie insulaire en raison de leur lieu d’habitation d’origine sur la presqu’île de la baie Georgienne.

Le surnom “Huron” leur a été donné par les premiers arrivants français à cause de la coiffure des hommes qui rappelait à un oeil européen la hure du sanglier.

Dans la première moitié du XVIIe siècle, les Wendat, qui occupaient le territoire au sud de la baie Georgienne, dans l’actuelle province de l’Ontario, devinrent d’importants partenaires des Français dans la traite des fourrures.

Ils ont des relations commerciales avec les Pétuns et les Neutres, ainsi qu’avec certaines tribus de la Confédération des Cinq-Nations iroquoises et avec les Algonquiens de la vallée de l’Outaouais.

Lors de l’arrivée des Français, au XVIIe siècle, les Wendat formaient une confédération de cinq tribus distinctes: les Attignawantan peuplade de l’ours, les Attignaenongnehac peuplade de la corde, les Arendaronon peuplade du rocher, les Tahontaenrat peuplade du Daim et les Ataronchronons peuplade des Marais.

Fresque historique huronne-wendat
Fresque historique huronne-wendat   -   Copyright © Jean-Louis Régis

Ils étaient à l’époque périodiquement en guerre avec les Iroquois, mais cette guerre équilibrait le poids démographique de chaque peuple. L’alliance franco-wendat et les alliances formées par les Iroquois avec les Hollandais, puis avec les Anglais, donnent une dimension plus destructrice à la guerre qui se règle désormais à coup de fusils. En 1649, les Iroquois prennent l’avantage et anéantissent une grande partie du peuple Wendat.

En raison de leur infériorité numérique (liée aussi aux maladies apportées par les missionnaires), des conversions au catholicisme qui permettent à un Wendat d’obtenir un fusil, et de l’alliance des Iroquois avec les Hollandais puis avec les Britanniques, les Hurons perdent peu à peu la guerre.

Après 1649, une première partie des Wendat fuit vers l’Ouest et s’installe dans le Michigan et l’Ohio. Après le XVIIIe siècle, on comptera trois groupes : un dans le Michigan et l’Ontario (la Nation Wyandot d’Anderdon), l’autre au Kansas et le troisième dans l’Oklahoma, dans l’actuelle réserve huronne de Wyandot (un roman de James Fenimore Cooper s’appelle d’ailleurs Wyandotte).

Une autre partie fuit jusqu’à la baie georgienne où elle meurt de faim, à cause du manque de nourriture. Enfin, une troisième partie des Wendat se dirige vers Québec. En 1697, après de multiples déplacements, environ 300 personnes s’établirent définitivement aux abords de la rivière Akiawenrahk (Saint-Charles), à l’emplacement actuel de Wendake. D’autres les rejoignirent par la suite.

Hôtel-Musée Premières Nations
L’Hôtel-Musée à Wendake   -   Copyright © Jean-Louis Régis

Vers la fin du XVIIIe siècle, les Wendat de l’Ouest obtiennent un rôle symbolique important en tant qu’«oncles» de la Confédération du Wabache qui combat aux États-Unis dans les années 1790. Le gouvernement américain les émancipera en 1855. Ceux qui refuseront la citoyenneté américaine seront transférés dans la réserve de Wyandot en Oklahoma.

En 1999, les représentants des groupes Wendats au Québec, dans le Kansas, dans l’Oklahoma et dans le Michigan se rassemblent à Midland, en Ontario, afin de rétablir officiellement la Confédération Wendate.

D’un point de vue sociologique, les Wendats avaient adopté un système matrilinéaire: l’enfant fait partie du clan de sa mère et non de son père. C’est l’oncle maternel qui instruit l’enfant.

En 1535, la population huronne comptait de 30 000 à 40 000 individus. Aujourd’hui, on compte environ: entre 7500 et 8000 membres au Canada et aux États-Unis dont 3 000 Wendats au Québec.

Les villages se composaient jadis le plus souvent de maisons longues (pour une famille ou un clan), d’une largeur d’environ 7 mètres et dont la longueur était en moyenne de 50 mètres. Ces maisons longues étaient faites de rondins courbés ensuite protégés par l’écorce d’arbres comme le cèdre ou l’orme.

À l’origine, les Hurons cultivaient le maïs, les haricots et la courge appelées les «Trois Sœurs». Ils extrayaient aussi la sève de l’érable et la faisaient bouillir pour en faire du sirop d’érable. La pêche était une activité essentielle.

Après 1649 et leur installation près de Québec, les Wendat adoptent les cultures occidentales et cultivent désormais le blé et le seigle, et ils chassent davantage. Après 1850, les Hurons doivent abandonner la chasse pour diverses raisons : ouverture de nouvelles régions à la colonisation, création du Parc des Laurentides. Les Hurons se spécialisent alors dans l’artisanat et sa vente.

Le repas traditionnel de base était constitué de pain amérindien ainsi que d’une soupe épaisse appelée sagamité, composée de maïs, de pois, de fèves ou de riz sauvage avec de la graisse de cerf, de la viande ou du poisson.

Degandawidam, le père de la Ligue des cinq Nations ainsi que le chef Kondiaronk, qui a joué un rôle dans le traité de paix de 1701 sont restés dans l’histoire.

Sources :
www.indianamarketing.com/nations/hurons.htm
www.wendake.ca
DVD: Kanata : L’héritage des enfants d’Aataentsic, réalisé par René Siouï Labelle (1998), 52 minutes. ONF

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