Un abécédaire sur les Autochtones du Canada

Le Canada compte aujourd’hui 630 communautés des Premières nations. Depuis quelques dizaines d’années, les Premières nations réclament énergiquement leur patrimoine et leur histoire.

Pour les Autochtones du Canada, l’Amérique du Nord, c’est l’«île de la Tortue», qui fut formée après le déluge universel à partir d’une petite poignée de boue qu’un rat musqué (ou une loutre de la côte Ouest) arracha aux profondeurs de l’océan, et qu’une tortue accepta de porter sur sa carapace pour aider à créer une nouvelle terre.

De nos jours, il existe quelque 630 communautés des Premières nations au Canada, des collectivités distinctes, dont les membres parlent une bonne soixantaine de langues et connaissent une version ou une autre de la légende de l’île de la Tortue. Mais tous s’entendent sur une chose : le centre spirituel de l’île de la Tortue se trouve dans l’actuel parc provincial Whiteshell, au Manitoba, là où les forêts, et certaines falaises de granit isolées, recèlent des formations ancestrales de pierre à l’image d’animaux et de symboles sacrés.

Alors, qui sont les Autochtones du Canada? Voici, en bref, ce qu’il faut savoir.

Les Premières nations, en plein essor

Les peuples indigènes des Premières nations et les Inuits du Nord vivent en Amérique du Nord depuis des millénaires. Certains estiment que la colonisation par les Haidas de l’archipel Haida Gwaii (îles de la Reine-Charlotte), dans l’actuelle Colombie-Britannique, remonte à 10 000 ans.

Aujourd’hui, environ 1,2 million de Canadiens se disent d’ascendance autochtone. Les Premières nations représentent le groupe de Canadiens dont la croissance est la plus rapide. C’est aussi le plus jeune groupe : près de la moitié de la population autochtone a moins de 25 ans.

Au Nord, les Autochtones et les Inuits forment 25 % de la population du Yukon, 50 % de celle des Territoires du Nord-Ouest et 85 % des habitants du Nunavut – qui signifie « notre terre » en langue inuktitute–, dernier-né des territoires canadiens. Créé en 1999 à même une partie des Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut est la patrie des Inuits.

Il y moins d’un siècle, la quasi-totalité des populations des Premières nations (sauf les Autochtones du Nord et de la côte Ouest, qui n’avaient signé aucun traité avec les Britanniques) vivaient dans des réserves : des terres leur ayant été concédées par traité. Il y a plus de 2 300 réserves réparties dans la plupart des régions du Canada. Toutefois, depuis l’exode vers les grandes villes que l’on a observé ces dernières années, plus que 47 % des Autochtones vivent encore dans des réserves.

On trouve par ailleurs quelques réserves (ou territoires autonomes) au cœur des villes : les réserves d’Opawikoscikan à Prince Albert, en Saskatchewan, de Wendake à Québec, au Québec et de Stony Plain 135 à Edmonton en Alberta. Les Six Nations de Grand River situées au sud de l’Ontario constituent constituent la plus grande réserve du Canada. Elles comptent plus de 21 000 résidents et englobent une dizaine de municipalités et communautés.

Si différents et pourtant si semblables…

Tout comme pour la légende de l’île de la Tortue, les traditions culturelles varient d’une Première nation à une autre, bien qu’elles présentent des similitudes parfois étonnantes de la côte Ouest aux Maritimes. Ainsi, partout, la règle pour entrer dans un tipi ou dans une maison longue est la même : on se présente par la gauche et, une fois à l’intérieur, on fait le tour vers la droite.

N’oublions pas non plus les Métis de l’Ouest du Canada. Ce sont des descendants d’Européens – d’origine française ou écossaise pour la plupart – mariés à des Autochtones aux XVIIe et XVIIIe siècles. À leur héritage autochtone, les Métis ajoutent une joie de vivre naturelle et un patrimoine qui leur est propre et qu’ils tiennent de leur passé de voyageurs et de trappeurs. Leur culture tient au plaisir de la musique – des airs des violoneux et une forme unique de gigue (un type de danse). Nombre d’entre eux vivent toujours en Saskatchewan et au Manitoba.

Pendant la plus grande partie du XXe siècle, les manifestations culturelles des Autochtones comme les pow-wows et les potlatchs étaient carrément interdites. Mais depuis quelques décennies, ces traditions refont surface et sont florissantes à l’échelle du pays tandis que les Premières nations revendiquent leur patrimoine et leur histoire. Le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN), la toute première chaîne télévisuelle autochtone du Canada, dont le siège social se trouve à Winnipeg, au Manitoba, occupe les ondes depuis 1999. La Journée nationale des Autochtones est célébrée chaque année le 21 juin depuis 1996, en signe de reconnaissance officielle du caractère unique des Premières nations, des Inuits et des Métis.

Quant aux pow-wows, ils sont plus populaires que jamais au pays !

Voici quelques pow-wows qui auront lieu en 2010 :

Sites sacrés et historiques :

Premières nations du Canada (selon les racines linguistiques) :
Nakoda, Cri, Déné, Pied-Noir, Chippewyan, Saulteux, Péigan du Nord, Malécite, Mi’kmaq, Dakota, Sioux, Algonquin, Huron, Ojibwé, Ojibwa ou Ojibway (aussi appelée Chippewa dans certaines régions), Odawa, Potawatomi, Mohawk, Oneida, Cayuga, Sénéca, Tuscarora, Ojicri, Haida, Tsimshian, Wakashan, Athapaskan, Tlingit, Salish (de la côte et de l’intérieur de la Colombie-Britannique) et Ktunaxa.

Peuples innu, inuvialuit et inuit :
Ehdiitat Gwich’in, Gwicha Gwich’in, Déné du Sahtu, Tetlit Gwich’in, Nihtat Gwich’in, Tlicho, Déné Yellowknive, Dehcho, Tagish, Tlingit, Tutchone du Nord et du Sud et Han.

Nation éteinte : Béothuk Terre-Neuve-et-Labrador

Voir aussi : 
www.afn.ca
www.itk.ca
www.metisnation.ca
www.ainc-inac.gc.ca

Par Judy Waytiuk, le 6 mai 2010

Avec l’autorisation de la Commission canadienne du Tourisme