L’aurore polaire est un phénomène lumineux spectaculaire qui s’observe principalement à proximité des pôles, même si on a pu en voir occasionnellement dans des régions aussi éloignées que le Mexique, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande.

On lui donne le nom d’aurore boréale dans l’hémisphère Nord, et d’aurore australe dans l’hémisphère Sud. Du fait de sa situation géographique privilégiée (en tous cas pour ce type d’activité), le nord du Canada se prête merveilleusement bien à l’observation des aurores boréales, particulièrement dans une bande située entre la région de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, et celle de la Grande Rivière de la Baleine, dans la province du Québec.

Les aurores polaires se présentent comme d’immenses voiles mouvants plus ou moins lumineux, qui apparaissent sous des formes et des couleurs variées, les teintes vertes et rouges dominant largement. Les plus impressionnantes prennent la forme de draperies, de couronnes, de flammes ou de rayons divergents. Ainsi, un arc lumineux ondulant peut ensuite se briser en rayons mobiles comme des faisceaux de projecteur, puis disparaître rapidement. Le phénomène peut être éphémère et ne durer de quelques minutes, mais il peut aussi se prolonger pendant plusieurs heures.

Aurore Boréale
Salluit, aurore Boréale, Copyright © Gilles Boutin

L’apparition de ces nuages fantomatiques est directement liée aux éruptions géantes qui se produisent sur le soleil. Les scientifiques ont en effet constaté que les aurores sont plus fréquentes dans les périodes d’intense activité solaire, qui se signalent par l’augmentation du nombre de tâches à la surface de notre étoile et qui se renouvellent sur un cycle de 11 ans. Les aurores polaires sont les traces visibles de la réaction provoquée par la rentrée du vent solaire chargé de particules électrisées dans le champ magnétique qui entoure la terre, soit la magnétosphère. Elles se produisent entre 80 et 300 kilomètres d’altitude.

C’est l’astronome anglais Edmond Halley (il donna par ailleurs son nom à la célèbre comète) qui, au XVIIIe siècle, fut le premier à établir un lien entre le champ magnétique terrestre et les aurores polaires. Mais ce n’est qu’au XXIe siècle, en juillet 2008, que des chercheurs de la NASA donnèrent une description détaillée du phénomène.

Salluit, aurore boréale
Salluit, aurore boréale, Copyright © Gilles Boutin

Mais bien sûr, au cours des siècles les hommes ont trouvé d’autres explications à ces étranges manifestations célestes, qui sont d’ailleurs souvent reliées au monde des revenants. Pour certaines communautés Inuits, les aurores boréales représentent l’esprit des anciens chasseurs, ou encore celui des personnes ayant connu une mort violente. Il peut aussi s’agir des âmes dansantes des enfants morts à la naissance, ou des reflets des torches allumées par les trépassés afin d’indiquer le chemin aux nouveaux venus.

Plus pragmatiques, les chercheurs d’or qui parcouraient les grands espaces du nord du Canada au XIXe siècle pensaient qu’il s’agissait de vapeurs signalant la présence de gisements de minerai.

Notons enfin que grâce aux performances du télescope Hubble, on a pu récemment observer des aurores polaires sur d’autres planètes de notre système solaire, comme Jupiter ou Saturne, qui sont également pourvues d’un champ magnétique.