Le romancier et dramaturge canadien Timothy Findley est né le 30 octobre 1930 à Toronto, au sein d’une famille aisée vivant dans le quartier résidentiel de Rosedale. Après s’être consacré quelque temps aux arts de la scène (il sera notamment comédien, puis membre fondateur, en 1953, du Stratford Shakespearean Festival), M. Findley se voue à l’écriture de son premier roman, qui paraîtra en 1967.

Le dernier des fous (The Last of the Crazy People), est un huis clos familial vu à travers le regard et la sensibilité d’un petit garçon de onze ans. Dans cette histoire sont évoqués certains thèmes qui vont devenir récurrents dans l’oeuvre de Timothy Findley, comme la folie et la solitude, sans oublier les rapports familiaux conflictuels, aux conséquences souvent désastreuses.

C’est après la sortie de son troisième ouvrage, Guerres (The Wars,1977) qu’il se fait plus largement connaître du public et remporte pour la première fois le Prix du Gouverneur général (ses deux précédents romans, refusés par les éditeurs canadiens, avaient été publiés à Londres et aux États-Unis). Ce récit de la destruction physique et psychologique d’un jeune homme solitaire, qui devient officier dans l’armée canadienne lors de la Première Guerre mondiale, fut porté à l’écran en 1983 par Robin Phillips, avec une musique composée par un autre célèbre torontois: Glenn Gould.

Puis au fil des ans, de nouvelles créations de Timothy Findley paraissent régulièrement, ce qui lui permet de devenir l’un des plus remarquables écrivains de son temps. Au milieu d’une oeuvre comptant 11 romans, 4 recueils de nouvelles, 8 pièces de théâtre et plusieurs scénarios pour la télévision, il convient de retenir tout particulièrement:

- Le grand Elysium hôtel (Famous Last Words, 1981), qui décrit les souvenirs et les mésaventures d’un écrivain réfugié dans un ancien palace autrichien vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, et ses relations ambiguës avec quelques figures politiquement controversées de cette époque, comme le poète américain proche des milieux fascistes, Ezra Pound.

- Chasseur de têtes (Headhunter,1993) est l’un des ouvrages majeurs de Timothy Findley. Dans cette très sombre histoire se déroulant dans un futur proche à Toronto, nous suivons une multitude de protagonistes plus ou moins perturbés, parmi lesquels se détache la personnalité menaçante de Kurtz, créé à l’origine par Joseph Conrad dans son livre Au coeur des ténèbres. Après l’intervention malheureuse mais involontaire d’une spirite et schizophrène qui possède la dangereuse capacité de donner vie aux personnages de romans, Kurtz devient le tout puissant et inquiétant directeur d’une institution psychiatrique située au coeur de la métropole ontarienne…

- Pilgrim, qui paraît en 1999, poursuit ce cycle consacré pour une large part à la folie, et aux hommes et institutions qui en ont la charge. Le mystérieux Pilgrim, qui tente en vain de se suicider depuis plusieurs siècles, se retrouve en 1912 dans une clinique suisse où il est soigné par le psychiatre et ancien disciple de Freud, Carl Gustav Jung. Mais bien sûr, le plus fou des deux n’est pas forcément celui qui cherche à mettre un terme à son existence.

Parallèlement à son activité de romancier, Timothy Findley continue à écrire pour le théâtre. Pour sa dernière pièce, Elizabeth Rex (parue en 2002), l’auteur a été récompensé  pour la deuxième fois par le Prix du gouverneur général.

Timothy Findley est mort le 20 juin 2002 en Provence, région du sud de la France où il possédait une maison et où il passait l’hiver depuis plusieurs années. Il revenait généralement pour la belle saison dans sa propriété des environs de Toronto.