L’architecte Moshe Safdie est né en 1938 à Haïfa, en Israël. Sa famille est venue s’installer au Canada quand il avait quinze ans. Quelques années plus tard, il suit des cours d’architecture à l’Université McGill de Montréal.

C’est dans le cadre de ses études que Moshe Safdie conçoit, à l’âge de 23 ans, un projet d’immeubles résidentiels qui sera retenu en 1964 par le gouvernement fédéral. Il s’agit du fameux ensemble baptisé Habitat ’67, composé de blocs de béton superposés et disposés de façon apparemment aléatoire, le tout étant agrémenté de nombreuses terrasses. Cette réalisation, inspirée par l’architecture de sa ville natale, suscite des réactions pour le moins contrastées mais permet de lancer la carrière du jeune créateur.

Par la suite, M. Safdie sera l’auteur de bâtiments prestigieux, tant dans son pays d’adoption qu’à l’étranger. Au Canada, on lui doit entre autres: le Musée de la Civilisation (1988), situé dans la basse-ville de Québec; le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, inauguré lui aussi en 1988; le nouveau pavillon Jean-Noël Desmarais pour le Musée des beaux-arts de Montréal (1991); l’ensemble du Library Square, qui abrite la Bibliothèque Centrale de Vancouver depuis 1995.

 

Public Library
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Il reçoit également de nombreuses commandes à travers le monde. On retrouve certaines de ses oeuvres aux États-Unis: à San Diego, Baltimore, Salt Lake City ou Cambridge; mais aussi au Mexique, à Porto Rico, en Israël, en Iran et à Singapour.

Parallèlement à son activité de bâtisseur, Moshe Safdie accorde une large place à l’enseignement. Au fil des ans, il donne des cours d’urbanisme et d’architecture à l’Université McGill, à Harvard et en Israël.

Son cabinet d’architectes, Moshe Safdie and Associates, se trouve dans la région de Boston, sur la côte est des États-Unis. Il possède également des bureaux à Toronto et Jérusalem.

Auteur d’une oeuvre éclectique, M. Safdie parvient à surprendre ses admirateurs comme ses détracteurs. Si le milieu professionnel et la critique ont souvent bien accueilli les immeubles surprenants de l’Habitat ’67 à Montréal, ils semblent plus réservés devant l’évocation de la Rome antique qui transparaît dans le dessin de la bibliothèque de Vancouver. Par contre, les habitants de ces deux villes réagissent différemment face à ces deux réalisations: rejet fréquent à Montréal (surtout dans les années 60); avis généralement très positifs à Vancouver.

Cela permet en tous cas de constater une fois de plus le profond décalage, voire l’incompréhension qui subsiste entre certains concepteurs et théoriciens de l’architecture contemporaine, et le public qui doit pourtant vivre quotidiennement au milieu de ces bâtiments.

Photographie : Copyright © PlanèteCastor

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