Du 16 juin au 7 juillet

Centre Segal des arts de la scène

En yiddish avec surtitres français et anglais

Tales from Odessa oscille entre histoire d'amour et critique sociale, avec des accents de comédie burlesque et de conte fantastique. L’esprit de l’œuvre rappelle ce foisonnement qu'on trouve dans les textes russes comme Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov. L’intrigue tourne autour d’un père cruel, Mendel le Pogrom, et de la façon dont son fils Benya Krik et ses autres frères et sœurs réagissent à ses provocations.

Inspirée des nouvelles de l’écrivain russe Isaak Babel, Tales from Odessa est vraiment une curiosité théâtrale dans le fond comme dans la forme. C’est une comédie musicale yiddish qui se présente sous la forme d'une pièce composée pour plusieurs voix. D’abord il y a un vieil homme qui raconte une histoire à un petit garçon, de là, on passe dans un univers d’acteurs qui jouent et chantent l’action racontée par le vieil homme. Mais la mise en abyme ne s’arrête pas là, car des marionnettistes relatent également certaines scènes en théâtre d’ombres. Ajoutons, par-dessus cela, un orchestre de musique klezmer, et on obtient une véritable symphonie de narrations.


On soulignera d’ailleurs la performance de l’orchestre composé d’instruments comme le kaval, l’accordéon, ou encore le cymbalum qui contribuent à cette atmosphère si unique de la pièce. Certains passages chantés sont magnifiques comme le duo de Tabl et Dvoira. Les réussites visuelles sont nombreuses, par exemple cet épisode où Dvoira danse d'abord avec une marionnette qui se transforme en l'ombre d’un homme pour finalement se matérialiser lorsque l’acteur sort sur scène. Quant à la scène de l'assassinat des vaches, c'est un morceau d'anthologie.

Le texte lui-même est tantôt comique, avec les perles de sagesse de Ibn Ezra, tantôt cruel quand un chœur de docteurs ensanglantés clame «Tout le monde fait des erreurs». Même si on peut regretter des sous-titres un peu sombres et un début confus, l'exercice de style est réussi et c’est là une véritable création théâtrale.

Pour lire le carnet de bord à Odessa de Josh Dolgin :  socalledtalesfromodessa.wordpress.com

Paroles et musique de Josh Dolgin/ Socalled
Livre de Derek Goldman
D’après le cycle de nouvelles d'Isaak Babel
Traduction yiddish de Miriam Hoffman

Mise en scène d'Audrey Finkelstein
Marionnettes de Clea Minaker
Une production du Théâtre Yiddish Dora Wasserman

Le Centre Segal des arts de la scène
5170, chemin de la  Côte-Ste-Catherine
Montréal (Québec)
H3W 1M7

Site Web : www.segalcentre.org/fr/