… ou quelques pas dans les coulisses de la Place-des-Arts

Le dimanche 16 mai, la salle Wilfrid Pelletier a dévoilé ses coulisses aux détenteurs de billets pour le spectacle Cendrillon de Jules Massenet.

Tout d’abord avait lieu une rencontre avec les chanteurs et les concepteurs de la production, animée par le directeur artistique Michel Beaulac. Outre la possibilité de poser des questions aux chanteurs, on y apprenait que l’opéra de Massenet était l’une des adaptations les plus fidèles du conte de Perrault, et que c’est la première fois que cette oeuvre, composée par Massenet en fin de carrière, est présentée à Montréal. Cendrillon (Julie Boulianne), la fée (Marianne Lambert) et le prince charmant (Frédéric Antoun) étaient présents pour interpréter de courts extraits.

Salle Wilfrid Pelletier
La salle Wilfrid Pelletier avec André Barbe et Renaud Doucet - Copyright © PlanèteCastor

Ensuite, la chef de l’atelier des costumes (Dominique Guindon) et la chef maquilleuse (Claudie Vandenbroucque) expliquaient le soin apporté dans leurs domaines respectifs. En effet, Renaud Doucet (metteur en scène et chorégraphe) et André Barbe (décors et costumes) ont choisi une mise en scène dont l’esthétique est empruntée aux films en technicolor de la MGM.

Le style inspiré des années 50 se retrouve tant dans les décors que dans les costumes. Les nostalgiques seront heureux de revoir les jupes à pois qu’arborait Joanie Cunningham dans la série Happy Days, ainsi que l’atmosphère rétro de la cuisine de Ma sorcière bien-aimée. Le maquillage de la cruelle marâtre de Cendrillon n’est d’ailleurs pas sans rappeller l’expression de la redoutable Endora.

Coulisses du spectacle Cendrillon
Dans les coulisses de Cendrillon - Copyright © PlanèteCastor

MM. Barbe et Doucet ont également expliqué que les chaussures de verre de Cendrillon avaient posé quelques petits problèmes techniques. Ayant choisi la version “pantoufles de verre”, il fallait les rendre visibles pour tous les spectateurs (une controverse demeure à propos des pantoufles de Cendrillon. Selon certains, Perrault aurait décrit des chaussures en “vair”, donc en cuir). Un ingénieux système lumineux a donc été monté sur les pantoufles à cette fin.

À cette étape de la visite, on a pu prendre conscience de la rapidité des changements de costumes. La pauvre Cendrillon, par exemple, ne dispose que d’un délai de 30 secondes à 1 minute 30 pour se changer. Plusieurs costumières et une perruquière doivent donc l’aider à se métamorphoser en un temps record. Le spectacle Cendrillon nécessite la participation d’environ 180 personnes.

Enfin, Pierre Dufour, directeur général, a guidé les visiteurs vers les coulisses et sur la scène, où ils ont pu constater par eux-mêmes que celle-ci est inclinée de 7 degrés. Cette pente est nécessaire, autant pour assurer une bonne vision du spectacle que pour des questions de réverbération du son.

Scène de la salle Wilfrid Pelletier
La scène - Copyright © PlanèteCastor

Pierre Dufour, dans une présentation très détaillée, a également expliqué quelques expressions et superstitions de la petite histoire de l’opéra. Par exemple, il est interdit de siffler sur une scène. En effet, autrefois, les cintriers (techniciens chargés de la manipulation des décors) étaient des marins, aussi étaient-ils habitués à siffler pour communiquer à distance des instructions de navigation. Dans les salles de spectacle, craignant qu’un sifflement mal interprété ne conduise à un changement de décor inopiné, on avait par prudence interdit de siffler.

Quant à l’expression “Le jeu n’en vaut pas la chandelle”, elle remonte aux temps héroïques où les salles de spectales étaient éclairées par des chandelles, aussi disait-on lorsque le jeu était mauvais qu’ ”il ne valait pas la peine de brûler une chandelle”.

C’est le chef Jean-Yves Ossonce qui dirigera l’Orchestre Métropolitain et le Choeur de l’Opéra de Montréal. Cette nouvelle production de l’Opéra de Montréal a été initialement produite par l’Opéra national du Rhin de Strasbourg. Elle a été présentée au New York City Opera en 2007, ainsi qu’à l’Opéra de Marseille en 2009.

Le spectacle aura lieu à la Salle Wilfrid Pelletier de la Place-des-Arts les 22, 26, 29, 31 mai et 3 juin 2010.

Pour plus d’informations : Site internet de la Place-des-Arts

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